Etude de cas

L’étude de cas est une méthodologie de recherche qualitative visant une analyse approfondie d’un fait, d’une situation, d’un phénomène, d’une institution à partir d’une situation souvent réelle – à partir de données complètes comme incomplètes. 

Parfois confondues, étude de cas et cas d’école sont deux opposés. En effet, le cas d’école correspond au modèle théorique, tel qu’enseigné sur les bancs de la faculté… sauf qu’une fois projeté dans le monde professionnel, la pratique est toute différente. Pourquoi ? Le cas pratique justement va nous permettre à partir de données réelles de questionner la théorie comme la pratique.

A partir de données complètes, l’étudiant ou l’utilisateur trouveront en fin de parcours un aperçu exhaustif de la situation et des réponses aux problématiques soulevées : un corrigé.

Néanmoins, l’étude de cas peut également s’intéresser à des dysfonctionnements, des situations critiques, pas totalement élucidées car embarrassantes ou encore indéchiffrables. Ce sont alors les capacités d’analyse et de recherche de l’apprenant qui vont être sollicitées. 

L’appréciation de faits par rapport à des normes et principes d’une profession, la mobilisation de connaissances théoriques mais également une démarche de recherche afin d’exposer les trous de données et lorsque possible participer à les compléter. Produire de la connaissance. Enfin, potentiellement apprécier et exposer des limites d’une discipline ou d’une profession afin de souligner aussi ses contours et ses balbutiements.

Les études de cas sont par exemple utilisées en droit ou en médecine : une fois les données anonymisées, des mises en situations réelles peuvent être présentées à travers des documents existants comme des comptes-rendus d’audience, des diagnostics, examens médicaux, etc. A des fins ultérieures de souligner un vide juridique ou une absence de traitement. En école de commerce, ce sont les entreprises disruptives qui seront présentées mais aussi les plus gros ratés, les banqueroutes et les échecs. Il faut alors plusieurs parfois plusieurs années avant de juxtaposer toutes les données, visualiser les responsabilités individuelles et collectives.

Chemin faisant, l’étude de cas sur des données incomplètes va par contre permettre un apprentissage institutionnel en temps réel et permettre aux bonnes pratiques de se diffuser progressivement. Comme aux maladresses de se corriger avant même la consolidation de l’ensemble des données.

En l’absence de données complètes, les enseignements à tirer de l’étude de cas doivent néanmoins faire l’objet d’une présentation et justification exhaustive. Les apprentissages à tirer du cas pratique doivent être documentés.

Les études de cas comportent en règle générale 3 parties principales:

  1. les faits, l’exposé de données tangibles et vérifiables
  2. les problématiques ou questions évaluatives
  3. les réponses et les apprentissages

Bien sûr, seront exposés les modes d’utilisation (l’énoncé), les publics cibles à qui s’adresse l’étude de cas (étudiants, filières,…) ou encore les évolutions attendues dans le temps. Ainsi, il pourra être anticipé de ré-ouvrir un cas pratique à l’issue d’une période ou d’un évènement déterminé. Des questions qui restent aujourd’hui sans réponses mais qui pourront être examinées ultérieurement, suite à la levée de nouveaux jeux de données.

En ce qui concerne les outils de collecte, nous trouverons les méthodes de recueil traditionnelles :

Mais encore :

Bien sûr, la palette d’outils à mobiliser dépendra du degré de responsabilité et des moyens alloués. L’étudiant n’aura souvent à sa disposition que l’étude documentaire. L’objet est d’observer ses capacités d’analyse, de mobiliser sa connaissance théorique afin de confronter la pratique. A l’opposé, une étude de cas commanditée, portée par l’institution qui met en oeuvre l’action, pourra utiliser l’ensemble de la palette d’outils de collecte, aura autorité pour solliciter les sources appropriées : l’enjeu est alors de partir des données factuelles existantes pour produire une connaissance nouvelle.

Les limites de l’étude de cas

Même si elles permettent de documenter dans le temps les pratiques et les comportements, les études de cas périment rapidement au rythme de l’évolution des contextes. Les dysfonctions relevées lors d’une étude de cas critique ne sont pas forcément généralisables. Comme toujours, cette approche qualitative sera complémentaire d’approches quantitatives, permettant visualiser un secteur dans son ensemble ou encore la représentativité d’un phénomène. Le recrutement ou encore la sélection du cas reflète les aspirations du chercheur. 

Ainsi, il est conseillé de systématiser les études de cas, de les insuffler de l’intérieur des projets comme instrument d’apprentissage et de capitalisation. A défaut d’intérêt à l’échelle d’une discipline, de démarche transposable à l’ensemble d’une profession, il sera recherché d’extraire des vecteurs d’apprentissage à l’échelle unique d’une action, d’un projet, d’un programme ou d’une politique publique.

Pour aller plus loin :

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Date de diffusion : 2023