Liens et acteurs de l’évaluation

Une sélection de sociétés et réseaux d’évaluation, journaux, laboratoires de recherche, unités et départements d’évaluation d’organisations internationales, institutions gouvernementales, collectifs et chercheurs.

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Doté d’une première politique d’évaluation en 2006, l’Evaluation Office devient Bureau indépendant d’évaluation par décision du Conseil d’administration du 30 janvier 2014. Il rend compte à ce Conseil, qui approuve son budget (13,7 millions de dollars en 2025) et son programme de travail. Il compte 34 postes, dont 8 vacants fin 2025, plus 12 consultants de longue durée. La politique d’évaluation vise 1 % des ressources de programme pour l’ensemble de la fonction, dont 0,3 % pour le Bureau. La cible n’est pas atteinte : 0,79 % en 2025. Ses évaluations de programmes pays croisent revue documentaire, entretiens et visites de terrain. Le bureau commande 300 évaluations décentralisées par an, confiées à des consultants externes. En 2025, leur qualité a été notée à l’aide d’un outil d’IA sous contrôle humain, pour un coût ramené d’environ 200 000 à 10 000 dollars. Le Bureau organise aussi, depuis 2009, les conférences biennales National Evaluation Capacities (NEC).

🤔 Le Bureau rend compte au Conseil d’administration, mais c’est l’Administrateur du PNUD, à la tête de l’organisation évaluée, qui nomme son directeur « en consultation » avec le Conseil. C’est aussi lui qui peut le révoquer pour insuffisance ou faute, après consultation du bureau de ce Conseil. La politique de 2025 encadre ce pouvoir : mandat unique de sept ans, non renouvelable, sans retour possible au PNUD, et pas de révocation pour des prises de position publiques.

Logé au sein de la Division des services de supervision interne (IOS), aux côtés de l’audit interne et des enquêtes, le Bureau conduit les évaluations institutionnelles et encadre les évaluations décentralisées. Depuis la politique d’évaluation 2022-2029, chaque secteur de programme lui verse 3 % de son budget opérationnel, dont le directeur de l’IOS dispose librement ; auparavant, ces fonds restaient dans les secteurs, et en 2016 l’évaluation ne recevait effectivement que 1,2 % du programme ordinaire. Tout projet financé par des contributions volontaires au-delà de 1,5 million de dollars doit faire l’objet d’une évaluation externe ; le plan 2026-2027 étend de lui-même cette obligation au budget ordinaire et prévoit 155 évaluations, surtout au Brésil, en Afghanistan et en Irak. Selon le Corps commun d’inspection (2026), leurs constats gagneraient a être plus systématiquement intégrés à la planification.

La fonction d’évaluation existe à la FAO depuis 1968, mais ne devient indépendante qu’en 2010, avec une charte issue des réformes engagées après l’Évaluation externe indépendante de 2007. Le Bureau rend compte au Directeur général et au Conseil via le Comité du programme, qui examine son plan de travail. La charte prévoit de lui consacrer entre 0,8 et 1 % du budget ordinaire ; les évaluations de projets sont, elles, financées par les projets eux-mêmes, qui versent 0,8 % de leur budget à un fonds fiduciaire du Bureau. Il a conduit 108 évaluations en 2023-2024, dans 76 pays, et co-anime avec le PAM, le CGIAR et le FEM la communauté de pratique EvalforEarth (ex-EvalForward).

Créé en 2001, le Bureau est indépendant de la direction du FMI et rend compte au Conseil d’administration, qui en nomme le directeur. Il compte une vingtaine de personnes, dont 15 professionnels, pour un budget de 6,2 M$ en 2018, soit 0,5 % du budget administratif du Fonds. Le BIE produit environ deux évaluations par an, surtout à partir de revues documentaires, d’entretiens, d’enquêtes et d’études de cas. La plus citée reste celle de 2011 sur les années qui ont précédé la crise de 2008 : elle y relevait la « pensée de groupe » des services du Fonds. Ses recommandations passent par le Conseil, qui les « endosse » ou non, puis par un plan de mise en œuvre de la direction. Une évaluation récente : Le FMI et le changement climatique (juin 2026).

🤔 Le Bureau est indépendant de la direction du FMI mais rend compte au Conseil d’administration. C’est ce Conseil qui nomme son directeur, décide des suites données à ses recommandations et désigne le panel chargé de l’évaluer périodiquement. Le directeur actuel a exercé à deux reprises au sein de ce Conseil. En 2024, deux des trois membres du panel d’évaluation externe étaient eux aussi d’anciens administrateurs du FMI.

Basé à Nairobi, le Bureau de l’évaluation du PNUE couvre l’ensemble des programmes et projets de l’organisation, y compris ceux financés par le Fonds pour l’environnement mondial et le Fonds vert pour le climat. Son directeur rend compte au Directeur exécutif et, par son intermédiaire, aux organes directeurs afin de garantir son indépendance vis-à-vis des divisions opérationnelles. Les évaluations sont confiées à des consultants externes. Révisée en 2022, la politique d’évaluation a étendu le recours aux revues de fin de projet pilotées par la direction et posé ouvertement la question du financement de la fonction d’évaluation. Il publie un rapport de synthèse biennal, qui portait sur 46 évaluations en 2022-2023, et suit l’application de chaque recommandation tous les six mois pendant un an.

La fonction d’évaluation du FIDA existe depuis 1978, mais c’est en 2003, avec l’adoption de sa première politique d’évaluation, qu’elle devient indépendante de la direction et rend compte directement au Conseil d’administration ; elle prend son nom actuel en 2011. Le Conseil est seul à pouvoir nommer ou révoquer le directeur, qui publie ses rapports sans validation extérieure. Le budget du bureau est plafonné à 0,9 % du programme de prêts et dons du Fonds (environ 7,8 millions de dollars proposés pour 2026). Il conduit des évaluations institutionnelles, thématiques, sous-régionales et pays.

L’OIF avait une rubrique évaluation développée, notamment le premier répertoire des formations diplômantes en évaluation. La rubrique a disparu, mais quelques rapports subsistent, dispersés dans le centre de ressources, comme l’évaluation de l’Observatoire de la langue française (2014). La fonction a changé de rattachement : portée vers 2014 par une Direction de la planification et de l’évaluation, elle relève aujourd’hui, dans l’organigramme, d’une Direction de l’audit interne et de l’évaluation.

Banques de développement

Siège à Manille (Philippines), organisé en deux divisions (thématique/pays, secteurs/projets), dirigé par Emmanuel Jimenez. Distingue deux niveaux : l’auto-évaluation menée par les équipes projet (souveraines, prêts aux États ; ou non-souveraines, financements au secteur privé), et l’évaluation indépendante menée par l’IED, qui valide ces auto-évaluations en plus de conduire ses propres évaluations directes sur des sujets stratégiques (pays, secteurs, thématiques). Programme de travail glissant sur 3 ans, approuvé par le Conseil d’administration. Publie un rapport phare annuel (Annual Evaluation Review), l’un des trois rapports de performance de l’ADB aux côtés de deux rapports produits par le Management lui-même. Dispose d’un tableau de bord public des taux de réussite des projets (2007-2023) et d’une base de données de leçons apprises (Lessons Database). Egalement, une série vidéo, « Evaluation Guru« , qui vulgarise les résultats sous forme d’entretiens.

Créé en 1999, rend compte directement aux Conseils d’administration de la BID et, depuis 2016, de BID-Invest (ex-Société interaméricaine d’investissement). Budget 2025 : 11,3 millions de dollars (9,6 M$ BID, 1,7 M$ BID-Invest). Effectifs : 36 postes permanents (33 pourvus en 2024), complétés par 12 à 15 chercheurs associés et une vingtaine de consultants, quasi exclusivement des profils d’économistes. Production : 13 à 17 produits par an ces dernières années (2024 : 17, dont 13 évaluations de fond).

Le système repose sur deux étages : une auto-évaluation par la direction (rapports de fin de projet depuis 2014 pour les opérations garanties par l’État, rapports de supervision élargis depuis 2015 pour le secteur privé), et une validation indépendante par le BES, dont les notes alimentent le rapport de synthèse annuel sur l’efficacité du développement. Trois familles de produits : évaluations institutionnelles, évaluations et contrôles de programmes pays, évaluations sectorielles et thématiques. Le renforcement des capacités d’évaluation dans la région passe par trois dispositifs propres : EVALAC (formation d’une semaine, organisée avec le soutien de DEval, du PAM, de la Global Evaluation Initiative et de l’UNICEF), ReDeCA (réseau de fonctionnaires M&E des banques de développement d’Amérique latine et Caraïbes) et le soutien à deux centres CLEAR (Santiago, São Paulo).

Independent Evaluation Department (IEvD), Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD)

L’IEvD évalue les stratégies, politiques et opérations de la BERD et rend compte au Conseil d’administration sous l’autorité du Chief Evaluator. Le programme de travail glisse sur trois ans : celui de 2026-28 prévoit huit évaluations pour 2026, dont une conduite conjointement avec l’AFD sur une facilité de financement de l’énergie durable au Maroc. L’IEvD se présente lui-même comme la « troisième ligne de défense » de la banque, aux côtés de l’audit interne et du mécanisme de redevabilité de projet.

Membre fondateur de l’Evaluation Cooperation Group (créé en 1996 par les chefs d’évaluation des banques multilatérales), la BERD a coécrit avec l’IFC les standards de bonnes pratiques pour l’évaluation des opérations du secteur privé. Un rapport externe commandité en 2019 sur son propre système d’évaluation a donné lieu à une réorganisation du département et à la révision de sa politique d’évaluation ; un nouvel examen externe est prévu en 2026. Depuis 2024, l’IEvD organise une « Evaluation Week » annuelle qui a réuni 500 participants en 2025, et a mis en service LessonsBot, un outil d’IA développé en interne qui indexe plus de 300 rapports d’évaluation de la BERD et d’autres banques multilatérales.

C’est la plus ancienne des unités d’évaluation indépendante de banque de développement : créée en 1970 par Robert McNamara sous le nom d’Operations Evaluation Unit, elle devient indépendante en 1973 en prenant le nom d’Operations Evaluation Department, rattaché directement au Conseil des administrateurs. L’IFC crée sa propre unité en 1984, la MIGA en 2002 ; les trois sont fusionnées en 2006 pour former l’IEG, qui couvre donc l’ensemble du Groupe Banque mondiale (BIRD, IDA, IFC, MIGA). Dirigée depuis août 2023 par Sabine Bernabè, ancienne responsable de l’évaluation à la Banque européenne d’investissement. Budget d’environ 47 M$ et 107 salariés, un effectif quasi stable depuis 2018. L’IEG est partenaire fondateur, avec le PNUD, de la Global Evaluation Initiative pour le renforcement des capacités d’évaluation dans les pays en développement.

Europe
  • DEval (German Institute for Development Evaluation), Allemagne

Institut fédéral créé en 2012, basé à Bonn, constitué en gGmbH (société à but non lucratif) dont l’actionnaire unique est la République fédérale via le BMZ (ministère de la Coopération). Environ 70 personnes, dirigé par le Prof. Dr. Jörg Faust. DEval se distingue des autres instances d’évaluation de l’aide par un triple mandat : évaluer la coopération allemande au développement, conduire de la recherche méthodologique (avec un programme dédié aux évaluations d’impact rigoureuses et un microsite RIE), et renforcer les capacités d’évaluation des pays partenaires via des programmes de coopération Sud-Sud-Nord (EvalConnect en Amérique latine, Afrique et Asie). L’approche méthodologique est pluraliste : évaluations d’impact quantitatives, mais aussi évaluations pilotées par les pays partenaires (« country-led evaluations »), approches genre et droits humains, et un « storytelling approach » pour les contextes sensibles. DEval publie également un baromètre d’opinion sur la politique de développement (Opinion Monitor) et un index des capacités nationales d’évaluation (INCE).

  • EBA (Expert Group for Aid Studies), Suède

Comité gouvernemental créé en 2013 par le ministère des Affaires étrangères suédois, mandaté pour évaluer et analyser l’aide publique au développement de la Suède. Dix experts, un secrétariat d’une dizaine de personnes à Stockholm, un budget d’environ 18 millions de couronnes suédoises (environ 1,5 M€). L’EBA choisit librement ses sujets d’étude et commissionne des chercheurs externes pour réaliser les évaluations, le groupe d’experts étant responsable du contrôle qualité. L’EBA ne prescrit pas de méthode : chaque étude est confiée à un chercheur qui choisit l’approche adaptée, de l’analyse qualitative comparée (QCA) à l’étude de cas pays, en passant par les revues systématiques de littérature. Son statut de comité gouvernemental mandaté pour évaluer le gouvernement pose une question d’indépendance que la Cour des comptes suédoise (Riksrevisionen) a qualifiée de « substantielle » sans pouvoir être totale. Contexte : la Suède, longtemps symbole mondial de générosité en matière d’APD (objectif de 1% du RNB maintenu pendant plus de 50 ans), a annoncé des coupes de 3 milliards de couronnes par an pour 2026-2028 et redirigé une partie de son aide vers l’Ukraine.

  • ICAI (Independent Commission for Aid Impact), Royaume-Uni

Commission indépendante créée en 2011, l’ICAI évalue l’efficacité et le rapport qualité-prix de l’aide publique au développement britannique. Elle rend compte au Parlement via l’International Development Committee, mais son budget (environ 3 millions de livres par an, 15 millions par phase de quatre ans) est financé par le FCDO, une tension entre indépendance et dépendance financière que l’ICAI documente elle-même dans ses rapports annuels. Composée de trois commissaires, elle publie des « reviews » thématiques assorties d’un système de notation par code couleur (vert, vert-ambre, ambre-rouge, rouge) et assure un suivi annuel de la mise en œuvre de ses recommandations (57% adéquatement suivies en 2024). C’est le modèle qui a inspiré la commission française d’évaluation de l’APD, installée en août 2025. Contexte actuel : le Royaume-Uni a annoncé une réduction de son APD de 0,5% à 0,3% du RNB, l’ICAI estimant dans son dernier rapport (juillet 2026) une baisse de 42% des dépenses d’aide sur quatre ans.

Evaluation des activités de développement (France) 

L’évaluation de l’aide publique au développement française est pilotée conjointement par trois unités : le MEAE, la DG Trésor (UEAD) et l’AFD, qui coordonnent environ 45 évaluations stratégiques par an et définissent un programme triennal. Les évaluations sont réalisées par des consultants extérieurs.

Le ministère des Affaires étrangères (MAE) a changé plusieurs fois de nom : ministère des Relations extérieures (1981-1986), ministère des Affaires étrangères et européennes (2007-2012), ministère des Affaires étrangères et du Développement international (2014-2017, puis ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) depuis 2017.

L’UEAD évalue l’aide publique au développement financée par le Trésor, en coordination avec le MEAE et l’AFD. Les évaluations sont réalisées par des consultants externes, sur la base d’une programmation triennale revue annuellement. L’unité coproduit avec ses homologues un bilan conjoint biennal de l’ensemble des évaluations achevées. Elle co-anime aussi, avec le F3E, le groupe EVALED dont la dernière conférence a été programmée en octobre 2021. En avril 2025, l’UEAD publie : la dotation de la France à l’AID-20, évaluation confiée au cabinet EY.

Instaurée par la loi du 4 août 2021, installée par décret du 8 février 2025, ses membres nommés en août 2025. Composée d’un collège de quatre parlementaires (deux députés, deux sénateurs) et d’un collège de dix experts indépendants désignés par la Cour des comptes, le MEAE, l’Économie, la Transition écologique, la Recherche et le CNDSI.

Ressources évaluation de politiques publiques – France

Gouvernement

Service du Premier ministre créé en mai 2025 par fusion de France Stratégie (135 ETP, 23 millions d’euros de budget) et du Haut-commissariat au plan (14 ETP, 1,9 million d’euros), héritiers du Commissariat général du Plan de 1946 via le Centre d’analyse stratégique (2006). L’institution assure depuis 2013 le secrétariat de divers comités d’évaluation et de suivi de politiques publiques : elle ne produit pas les évaluations elle-même mais coordonne des comités pluripartites composés de chercheurs externes, d’administrations et de partenaires sociaux, et lance des appels à projets de recherche vers des équipes universitaires. Au tableau : des évaluations achevées sur le CICE, les ordonnances Travail, la stratégie pauvreté, la fiscalité du capital, le plan France Relance, le plan France très haut débit, les mesures de soutien Covid-19 ; et des évaluations en cours sur les Territoires zéro chômeur de longue durée et les JOP Paris 2024. L’institution anime également la Commission nationale d’évaluation des politiques d’innovation (CNEPI) et un Conseil scientifique des méthodes d’évaluation socioéconomique.

Créée en 2017 (succédant au SGMAP), la DITP pilote le programme de transformation publique du gouvernement sous l’autorité du Premier ministre. Elle regroupe environ 180 agents et s’organise autour de plusieurs dispositifs : le suivi des politiques prioritaires du gouvernement, une agence de conseil interne à l’État, des laboratoires d’innovation publique et un Campus de la transformation publique. En 2026, sa transformation en Direction des Services publics (DSP) a été annoncée.

  • Data.gouv.fr, Etalab / Direction interministérielle du numérique (DINUM)

Plateforme ouverte des données publiques françaises, lancée en 2011, développée et opérée par Etalab, département de la DINUM (Direction interministérielle du numérique, qui a succédé en 2019 au Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique). Elle référence environ 71 000 jeux de données et 375 000 fichiers produits par l’État, les collectivités, les établissements publics et, le cas échéant, des acteurs privés ou citoyens. Depuis février 2026, data.gouv.fr propose un serveur MCP permettant aux intelligences artificielles de se connecter directement au catalogue.

Vie-publique.fr proposait autrefois une rubrique dédiée à l’évaluation. Celle-ci a été fondue dans un format plus large, les « éclairages », qui ne distingue plus l’évaluation comme entrée autonome. Si l’évaluation devrait être transversale à l’ensemble des politiques publiques, une même question demeure : qui décide de ce qui devrait être éclairé et comment ?

La BRP, accessible via vie-publique.fr, recense plus de 18 000 rapports publics officiels en texte intégral : rapports commandés par le gouvernement, rapports d’inspection et d’évaluation des administrations, rapports des autorités administratives indépendantes, travaux de la Cour des comptes, du Conseil d’État et des assemblées parlementaires. Un gisement de sources primaires et un observatoire de la commande publique d’évaluation.

Inspections générales

L’IGA est l’un des trois grands corps d’inspection interministériels de l’État français, aux côtés de l’IGF et de l’IGAS. Elle est chargée de missions d’évaluation des politiques publiques, d’audit de service et d’appui et de conseil. Rattachée directement au ministre de l’Intérieur dont elle constitue le corps de contrôle, elle intervient aussi de façon interministérielle sur saisine du Premier ministre et d’autres membres du Gouvernement, notamment sur les sujets liés aux collectivités territoriales et à l’outre-mer. Créée en 1948 (héritière de l’IGSA), elle bénéficie d’une large autonomie de gestion et recrute principalement ses membres à la sortie de l’ENA/INSP.

Même architecture pour l’IGAS, avec une activité tout aussi tournée vers l’évaluation que celle de l’IGA : en 2024, les missions d’évaluation représentent le principal volet d’activité de l’Igas, avec 37 % des interventions, suivies des missions d’expertise (19 %) et des contrôles, enquêtes et procédures disciplinaires (16 %). Créée en 1967, c’est le corps de contrôle interministériel du secteur social : elle inspecte et contrôle les services et organismes publics ou bénéficiant de financements publics, évalue les politiques publiques pour éclairer le gouvernement sur l’existant et suggérer des évolutions, contrôle les organismes faisant appel à la générosité publique, et conduit l’audit interne des ministères sociaux et structures rattachées. Elle réalise entre 150 et 200 missions par an, dont les deux tiers à la demande des ministres et un tiers issues de son propre programme d’activité, environ un tiers étant menées conjointement avec d’autres inspections. Comme l’IGA et l’IGF, elle recrute principalement ses membres à la sortie de l’ENA/INSP.

Sur le même modèle que l’IGA, mais cette fois rattachée à Bercy : l’IGF exerce une mission générale de contrôle, d’audit, d’étude, de conseil et d’évaluation en matière administrative, économique et financière, pour le compte des ministres chargés de l’économie et du budget. Elle peut également recevoir des missions du Premier ministre et effectuer des missions à la demande d’autres autorités nationales, d’organismes publics, de collectivités territoriales, d’États étrangers ou d’organisations internationales. Héritière d’une organisation fixée par l’ordonnance du 20 janvier 1830, elle est traditionnellement le débouché privilégié de la « botte », c’est-à-dire les douze à quinze élèves les mieux classés à la sortie de l’ENA (aujourd’hui INSP), qui choisissent en priorité l’Inspection des finances avant les autres grands corps

Créée par décret du 20 août 2022, l’IGEDD succède au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), lui-même issu en 2008 de la fusion du Conseil général des ponts et chaussées et de l’Inspection générale de l’environnement. Elle intervient dans les domaines de l’environnement, du climat, du développement durable, de la transition écologique, du logement, de l’urbanisme, de la politique de la ville, de l’aménagement du territoire, du paysage, de la construction, de l’énergie, des transports, des risques naturels et technologiques et de la mer, et contribue à la prospective, à la conception, au suivi de la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques relevant de ces domaines. Elle conduit également des missions d’audit et d’inspection des services du ministère, et exerce une mission d’autorité environnementale par sa formation nationale et ses missions régionales (MRAe). Contrairement à l’IGA, l’IGAS et l’IGF, l’évaluation de politiques publiques y reste une mission parmi d’autres plutôt que le cœur de l’activité, le conseil et l’expertise sectoriels dominant numériquement ses travaux.

Archives

Six numéros publiés entre 2008 et 2012 par le Centre d’analyse stratégique (CAS, prédécesseur de France Stratégie, lui-même fusionné en 2025 dans le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan). Collection interrompue depuis 2012. Les sujets traités allaient du calcul économique appliqué à la décision publique (n°1-2, « Calculer pour décider ») aux regards croisés sur les politiques publiques (n°3), puis à une trilogie sur le lien entre notation et évaluation : la notation du quotidien, de Michelin à eBay (n°4), la notation financière et les agences de rating (n°5), la notation extra-financière et éthique (n°6, interview de Nicole Notat, présidente de Vigeo).

  • Faire simple (SGMAP)
Jachère
  • Le portail de l’évaluation des politiques publiques (en construction de 2007 à 2021 sans bouger d’un pixel, maintenant disparu)
On l’a gardé en photo car pendant les 14 ans où il a été en construction sans évoluer d’un pouce, on savait que le jour où la page finirait par disparaitre, le portail allait nous manquer. Depuis 2021 : c’est fait, plus rien à l’adresse « evaluation.gouv.fr »

Assemblée nationale

Sénat

Cour des comptes

Laboratoires de recherche

Initiative lancée en 2023, la Maison des Arts et de la Création accueille notamment SPEAP (Sciences Po École des Arts Politiques), programme expérimental créé par Bruno Latour en 2010, qui confronte artistes, chercheurs en sciences sociales et praticiens des affaires publiques autour de commandes réelles d’institutions. Le pari : que l’expérience du sensible (cinéma, arts visuels, performance, écriture) ouvre des modes de compréhension et de représentation des problèmes publics inaccessibles aux méthodes classiques d’analyse. Même voisinage intellectuel que le Sensory Ethnography Lab de Harvard, mais appliqué aux affaires publiques et dans un cadre pédagogique.

L’IPP vise à promouvoir l’analyse et l’évaluation quantitatives des politiques publiques en s’appuyant sur les méthodes les plus récentes de la recherche en économie. Le positionnement est résolument économétrique : évaluation d’impact par méthodes expérimentales ou quasi-expérimentales, exploitation de données administratives à grande échelle, et micro-simulation via leur simulateur TAXIPP, qui modélise l’ensemble du système socio-fiscal français pour mesurer l’impact redistributif des législations existantes ou prédire les effets de réformes envisagées. Les thématiques couvrent un large éventail : fiscalité, politiques sociales, emploi, éducation, santé, retraites, logement, environnement, démocratie et institutions. L’IPP publie ses résultats sous forme académique mais aussi en notes et rapports accessibles au débat public. L’IPP s’est également donné pour mission de rassembler l’ensemble de la législation des politiques publiques en France dans une perspective historique et scientifique.

STEM désigne dans le monde anglophone l’ensemble des disciplines scientifiques et techniques (sciences, technologie, ingénierie, mathématiques) regroupées dans les politiques d’enseignement supérieur et de recherche. STEM-PERL, rattaché au département d’écologie et de biologie évolutive de Yale, évalue les programmes de formation scientifique de premier cycle : cours de recherche encadrée (CUREs), formations à l’enseignement fondé sur les preuves, adoption par les étudiants des pratiques pédagogiques actives.

Sa méthode phare, la « pathway modeling », cartographie les effets attendus d’un programme à court, moyen et long terme, dans l’esprit d’une théorie du changement. Le fil conducteur de leurs travaux tient en trois notions enchaînées : la confiance des étudiants envers leur enseignant (« trust »), qu’ils mesurent au moyen d’un instrument qu’ils construisent et valident ; l’adhésion aux pratiques pédagogiques actives qui en découle (« student buy-in ») ; et la persévérance en sciences (« STEM persistence »). Trust → buy-in → persistance : cette chaîne causale est testée et retestée d’étude en étude.

  • PERfEVAL, (Laboratoire de recherche sur la performance et l’évaluation de l’action publique) Université de Laval

Laboratoire de recherche de l’Université Laval sur la performance et l’évaluation de l’action publique, PERfEVAL est affilié au Centre d’analyse des politiques publiques (CAPP). Dirigé par Steve Jacob, professeur titulaire de science politique et également titulaire de la chaire de recherche sur l’administration publique à l’ère numérique. L’équipe est composée de chercheurs qui travaillent sur trois axes principaux : l’évaluation participative, la gestion de la performance et l’éthique de l’action publique.

Explorer

Laboratoire expérimental rattaché au département Art, Film, and Visual Studies de Harvard, le SEL explore ce qui ne se laisse que difficilement rendre par les mots. Il produit des films, des installations sonores et des œuvres photographiques qui croisent esthétique et ethnographie, présentés aussi bien dans des festivals de cinéma (Berlin, Venise, Locarno) que dans des institutions d’art contemporain (MoMA, Centre Pompidou, Tate Modern). Son travail interroge les limites des modes de connaissance fondés sur le texte et la mesure : une interrogation utile pour quiconque conçoit des systèmes de suivi et évaluation et se demande ce que ses indicateurs ne captent pas.

Collectif d’agents publics créé en 2021, Nos services publics analyse de l’intérieur le fonctionnement et les dysfonctionnements de l’administration. Il publie chaque année un rapport sur l’état des services publics, des dossiers thématiques (retraites, immigration, budget, Parcoursup, vaccination) et a mené une enquête sur la perte de sens chez les agents publics (publication prévue à l’automne 2026). Le collectif propose aussi des formations et un guide sur le devoir de réserve et la liberté d’expression des agents.

Cartographie

Gallica est la bibliothèque numérique de la BnF et de ses 260 partenaires, avec un accès libre et gratuit à plus de 10 millions de documents numérisés de toutes époques : livres et monographies, presse ancienne, cartes et plans, estampes, dessins d’architectes, photographies, affiches, manuscrits, enregistrements sonores. Au-delà du parcours thématique « Droit, économie et politique » (rapports, débats parlementaires, textes réglementaires), Gallica permet de croiser les supports pour retracer l’histoire longue d’un dispositif public ou d’un territoire : cartes anciennes pour reconstituer l’état d’un quartier, photographies et estampes pour documenter l’évolution d’une loi ou d’un décret, presse pour suivre l’émergence d’un problème dans le débat public, monographies et rapports d’inspection pour retrouver les premières évaluations d’une politique.

Formation continue

Institut de l’UNESCO fondé en 1963, l’IIPE accompagne les pays dans la planification et la gestion de leurs systèmes éducatifs. Deux dispositifs retiennent l’attention du point de vue de l’évaluation : Planipolis et SITEAL, deux bases de données publiques qui structurent le suivi des politiques éducatives à l’échelle internationale, une forme d’observatoire comparable à ce que pourrait être un Système de Suivi Evaluation mutualisé ; et ETICO, portail consacré à la transparence et à l’intégrité dans l’éducation, qui traite la gouvernance et les dysfonctionnements institutionnels comme un objet de politique publique à part entière.

Agence de l’Union européenne créée en 1975, aujourd’hui basée à Thessalonique, le Cedefop soutient l’élaboration et la mise en œuvre des politiques européennes d’enseignement et de formation professionnels, en lien avec la Commission, les États membres et les partenaires sociaux. Son activité s’articule autour de trois axes, dont l’apprentissage tout au long de la vie (formation continue, apprentissage des adultes, apprentissage en situation de travail) occupe une place centrale, aux côtés de la modernisation des systèmes d’EFP et de l’analyse prospective des compétences.

Cet axe se double d’une approche par compétences que le Cedefop opérationnalise à travers plusieurs outils : le cadre européen des certifications (CEC), un indice européen des compétences mesurant la performance des systèmes de compétences par État membre, un indice de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, et un exercice biennal de prévision de l’offre et de la demande de compétences (Skills Forecast). L’agence insiste particulièrement sur la reconnaissance des compétences acquises hors formation formelle et sur leur transférabilité d’un employeur ou d’un pays à l’autre. Le Cedefop n’est pas un organisme de formation à l’évaluation : il produit des données, indicateurs et rapports pays sur les systèmes de formation professionnelle.

Autres liens


Date de première diffusion : 2010
Dernière actualisation : 202
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