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Suivre l’évaluation à la Commission européenne demande, disons, une certaine persévérance. Le service chargé de l’aide au développement s’est appelé EuropeAid (2001), puis DEVCO (2011), puis INTPA (2021) ; celui du voisinage et de l’élargissement, NEAR, a été scindé en 2025 en ENEST et MENA ; l’aide humanitaire (ECHO) et la plateforme Capacity4dev ont changé d’adresse. Le guide méthodologique de 2006 n’a été remplacé qu’en 2024, et sa dernière édition est en accès libre sur le site de l’Office des publications, mais réservée aux membres inscrits sur Capacity4dev. De notre sélection d’origine, la plupart des liens ont cessé de fonctionner : vu de l’extérieur, le dispositif se lit mal. Les liens ci-dessous renvoient aux adresses en vigueur à la date d’actualisation de cette page.

En devenant la DG Partenariats internationaux en janvier 2021, l’ancienne DG Coopération internationale et développement a changé de nom pour marquer, selon la Commission, le passage d’une relation entre donateur et bénéficiaire à des partenariats d’égal à égal. Ce mouvement s’est prolongé la même année avec la stratégie d’investissement Global Gateway. Comme à MENA et ENEST, les évaluations stratégiques relèvent du siège, ici l’unité D.4 « Qualité et résultats, évaluation, gestion des connaissances », selon un programme pluriannuel glissant ; les évaluations de projets relèvent des délégations et des unités opérationnelles. 74 rapports d’évaluations stratégiques sont en ligne, jusqu’à celle de l’approche Team Europe (octobre 2026) ; ceux de 2007 à 2014 sont disponibles sur demande. S’y ajoutent 231 rapports d’évaluations de projets et de programmes. Le manuel d’évaluation, commun avec le service des instruments de politique étrangère (FPI), est en accès libre dans son édition de juillet 2025. Côté apprentissage, la DG ouvre au public son Academy, plateforme de formation gratuite lancée en 2018. Depuis juillet 2025, elle propose aussi le cycle de webinaires EvalVoices.

🤔 Qui fait quoi ? La DG commande ses évaluations ; elle ne les réalise pas elle-même. Les évaluations de projets et les évaluations stratégiques sont confiées à des bureaux d’études titulaires du contrat-cadre SEA 2023. Parmi eux figure un consortium mené par la société allemande Particip GmbH. Le suivi orienté résultats (ROM) est assuré par des consultants externes depuis 2001. L’appui méthodologique aux gestionnaires d’évaluations est confié à un prestataire depuis 2015 : d’abord à un Evaluation Support Service, puis, depuis juillet 2023, au contrat MELDEA, dont Particip assure l’essentiel de la mise en œuvre.

La politique de cohésion représente près d’un tiers du budget de l’Union pour 2021-2027. Son évaluation relève d’une gestion partagée : les États membres évaluent leurs propres programmes, selon des plans d’évaluation obligatoires, et la Commission conduit les évaluations à mi-parcours et ex post. L’évaluation ex post 2014-2020, publiée en octobre 2025, repose sur treize lots d’études confiés pour l’essentiel à des prestataires externes, complétés par cinq études contrefactuelles. Depuis 2015, la DG REGIO et la DG EMPL s’appuient sur un Evaluation Helpdesk, qui s’adresse aux commanditaires, autorités de gestion nationales et services de la Commission. Il résume les évaluations nationales et en apprécie la qualité : ses résumés alimentent une bibliothèque publique des évaluations publiées depuis 2015.

Pendant social de la DG REGIO, la DG EMPL évalue les politiques et fonds européens de l’emploi, des compétences et de l’inclusion selon les lignes directrices « Mieux légiférer », consulte obligatoirement les partenaires sociaux sur toute nouvelle initiative de législation sociale, et accompagne les États membres dans le suivi et l’évaluation du FSE+. Ses propres évaluations depuis 2014 sont recensées dans cet inventaire.

Créée le 1er février 2025 à partir de l’ancienne DG NEAR, la DG MENA, qui compte plus de 500 agents au siège et dans les délégations, est la porte d’entrée de la Commission pour les pays de la Méditerranée et du Golfe. Les évaluations stratégiques, inscrites dans un plan pluriannuel révisé chaque année, sont lancées, selon la page, par une unité de coopération économique et d’instruments financiers, et confiées à des experts indépendants supervisés par un comité de pilotage ; les évaluations de projets relèvent des délégations ou des unités opérationnelles. De nombreuses évaluations sont publiées avec leur feuille de route et leur plan d’action de suivi des recommandations. L’archive présentée, de 2006 à 2024, est en réalité celle de l’ancienne DG NEAR : elle mêle Balkans, Turquie, voisinage oriental et quelques évaluations sur la région (Tunisie, Maroc, Jordanie, Palestine), et ne contient encore aucune évaluation produite par la nouvelle direction.

🔄 Des engagements qui se chiffrent en milliards d’euros, et, au programme 2026, une évaluation stratégique et deux évaluations de programmes : l’écart interroge au regard du principe « evaluate first » que la Commission place au cœur de son agenda « Mieux légiférer ». Là où l’ancienne DG NEAR comptait une unité chargée de la performance, des résultats et de l’évaluation, aucun des treize intitulés d’unité de la DG MENA ne mentionne l’évaluation ; son plan de gestion ne cite les outils de suivi et d’évaluation que dans le tableau de la bonne gestion financière, comme instruments de contrôle de la mise en œuvre. Sans moyens d’évaluation identifiés, la redevabilité sur l’emploi des fonds suffit-elle à produire les enseignements dont la programmation de demain aura besoin ?

Créée le 1er février 2025 à partir de l’ancienne DG NEAR, la DG ENEST gère l’essentiel de l’aide de l’UE aux pays candidats à l’adhésion et au voisinage oriental, dont l’Ukraine. Ses évaluations stratégiques, inscrites dans un plan pluriannuel, sont lancées par l’unité chargée de la programmation stratégique et de la performance, et confiées à des experts indépendants supervisés par un comité de pilotage ; les évaluations de projets relèvent des délégations ou des unités opérationnelles. Sa page reprend l’archive des évaluations stratégiques de la DG NEAR depuis 2006, souvent accompagnées de leur feuille de route et de leur plan de suivi des recommandations, comme celle de la DG MENA. Depuis sa création, la DG a publié plusieurs évaluations, notamment sur la gestion des déchets et des eaux usées dans les Balkans occidentaux (2025), l’inclusion des Roms et la coopération migratoire (2026).

🤔 Chaque année, la Commission évalue la transformation politique et institutionnelle des pays candidats, en appliquant une conditionnalité stricte qui lui permet de geler l’aide financière en cas de recul sur l’État de droit. En miroir, l’appréciation de sa propre action relève d’une exigence distincte : au-delà de ses rapports internes, les contrôles externes menés par la Cour des comptes européenne et le Parlement se concentrent avant tout sur la régularité des décaissements, le taux d’absorption des fonds et la conformité administrative des projets financés.

Le règlement de 1996 sur l’aide humanitaire impose à la Commission d’évaluer régulièrement ses interventions et d’en rendre compte tous les trois ans au Parlement européen et au Conseil. ECHO, qui gère un budget humanitaire initial de 1,9 milliard d’euros en 2026, ne dispose pas pour autant d’un bureau d’évaluation indépendant : les évaluations sont pilotées par son unité chargée de la programmation, du contrôle et des rapports, selon un programme quinquennal, et confiées à des experts externes recrutés via un contrat-cadre. Elles appliquent les critères “Mieux légiférer” avec des méthodes mixtes (analyse de portefeuille, entretiens, enquêtes, études de cas). Un exercice ambitieux : l’évaluation globale de l’aide humanitaire 2017-2022, appuyée sur un échantillon de 300 projets et une consultation publique.

Organisations Internationales

Né en 1984 sous la forme d’un groupe de travail informel réunissant 18 services d’évaluation, l’UNEG prend son nom actuel en 2003 et rassemble aujourd’hui 56 unités d’évaluation du système des Nations unies et de ses organisations apparentées, plus 9 observateurs. Son secrétariat est hébergé par le Bureau d’évaluation indépendant du PNUD, et son action est guidée par une stratégie 2025-2032. Il fixe le cadre commun de l’évaluation onusienne : ses Normes et standards, adoptés en 2005 et révisés en 2016, se sont enrichis en 2025 d’une norme sur les impacts environnementaux et sociaux, la même année que des principes éthiques pour l’usage de l’IA dans les évaluations. Avec le réseau d’évaluation du CAD de l’OCDE, il conduit des revues par les pairs des fonctions d’évaluation de ses membres. Les rôles se partagent désormais avec un Bureau d’évaluation à l’échelle du système (UNSDG System-Wide Evaluation Office), récemment créé, qui conduit des évaluations transversales et rend compte aux États membres : l’UNEG fixe les normes, ce bureau évalue l’ensemble du système. Son rapport d’activité 2024 relève toutefois que le manque de ressources freine son rythme d’évaluation et fait peser un doute sur sa viabilité à long terme.

ONU Femmes naît en 2010 de la fusion de quatre entités onusiennes consacrées à l’égalité femmes-hommes. Dotée d’une politique d’évaluation dès 2012, elle regroupe son bureau d’évaluation en 2018 avec l’audit interne, puis en 2024 avec les enquêtes, dans un service unique (IEAIS), qui présente chaque année son rapport au Conseil d’administration. L’équipe est composée de six évaluateurs au siège, six spécialistes dans les bureaux régionaux, pour un budget de 3,6 millions de dollars en 2026. La majorité des évaluations sont décentralisées : commandées par les bureaux pays, payées sur les budgets des projets, réalisées par des consultants externes. Leur qualité est notée par un dispositif externe (GERAAS) et tous les rapports sont publics sur GATE. Le positionnement méthodologique est mixte : une évaluation « féministe collaborative », évaluation développementale, études de cas, synthèses, et depuis 2025 des évaluations rapides et une cartographie des données probantes assistée par IA. Le service assure aussi le secrétariat de l’indicateur UN-SWAP, qui mesure la prise en compte du genre dans les évaluations de 53 entités onusiennes, ONU Femmes comprise.

🤔 La politique d’évaluation de 2020 fixe une cible de 2 à 3 % des dépenses de programme, deux à trois fois celle du PNUD. La part est tombée à 1,6 % en 2024, puis à 1,5 % en 2025, malgré les demandes répétées du Conseil.

Créée en 2005, l’unité d’évaluation de l’OIT devient en 2011 un bureau indépendant, rattaché directement au Directeur général. Elle présente chaque année son rapport annuel et ses évaluations de haut niveau au Conseil d’administration, où siègent des représentants des gouvernements (pour moitié), des employeurs et des travailleurs (pour un quart chacun) : un cas singulier de redevabilité tripartite, l’OIT étant la seule organisation du système des Nations unies à associer ainsi les partenaires sociaux à sa gouvernance. Le Bureau planifie et supervise une centaine d’évaluations de projets par an, et s’en sert pour apprécier l’efficacité globale de l’organisation : le rapport annuel 2024-25 s’appuie ainsi sur 50 évaluations finales indépendantes. Plus de 1 700 rapports sont publics sur i-eval Discovery. Depuis décembre 2025, un assistant d’intelligence artificielle, réservé pour l’instant au personnel de l’OIT, en produit des synthèses sourcées.

Doté d’une première politique d’évaluation en 2006, l’Evaluation Office devient Bureau indépendant d’évaluation par décision du Conseil d’administration du 30 janvier 2014. Il rend compte à ce Conseil, qui approuve son budget (13,7 millions de dollars en 2025) et son programme de travail. Il compte 34 postes, dont 8 vacants fin 2025, plus 12 consultants de longue durée. La politique d’évaluation vise 1 % des ressources de programme pour l’ensemble de la fonction, dont 0,3 % pour le Bureau. La cible n’est pas atteinte : 0,79 % en 2025. Ses évaluations de programmes pays croisent revue documentaire, entretiens et visites de terrain. Le bureau commande 300 évaluations décentralisées par an, confiées à des consultants externes. En 2025, leur qualité a été notée à l’aide d’un outil d’IA sous contrôle humain, pour un coût ramené d’environ 200 000 à 10 000 dollars. Le Bureau organise aussi, depuis 2009, les conférences biennales National Evaluation Capacities (NEC).

🤔 Le Bureau rend compte au Conseil d’administration, mais c’est l’Administrateur du PNUD, à la tête de l’organisation évaluée, qui nomme son directeur « en consultation » avec le Conseil. C’est aussi lui qui peut le révoquer pour insuffisance ou faute, après consultation du bureau de ce Conseil. La politique de 2025 encadre ce pouvoir : mandat unique de sept ans, non renouvelable, sans retour possible au PNUD, et pas de révocation pour des prises de position publiques.

Logé au sein de la Division des services de supervision interne (IOS), aux côtés de l’audit interne et des enquêtes, le Bureau conduit les évaluations institutionnelles et encadre les évaluations décentralisées. Depuis la politique d’évaluation 2022-2029, chaque secteur de programme lui verse 3 % de son budget opérationnel, dont le directeur de l’IOS dispose librement ; auparavant, ces fonds restaient dans les secteurs, et en 2016 l’évaluation ne recevait effectivement que 1,2 % du programme ordinaire. Tout projet financé par des contributions volontaires au-delà de 1,5 million de dollars doit faire l’objet d’une évaluation externe ; le plan 2026-2027 étend de lui-même cette obligation au budget ordinaire et prévoit 155 évaluations, surtout au Brésil, en Afghanistan et en Irak. Selon le Corps commun d’inspection (2026), leurs constats gagneraient a être plus systématiquement intégrés à la planification.

La fonction d’évaluation existe à la FAO depuis 1968, mais ne devient indépendante qu’en 2010, avec une charte issue des réformes engagées après l’Évaluation externe indépendante de 2007. Le Bureau rend compte au Directeur général et au Conseil via le Comité du programme, qui examine son plan de travail. La charte prévoit de lui consacrer entre 0,8 et 1 % du budget ordinaire ; les évaluations de projets sont, elles, financées par les projets eux-mêmes, qui versent 0,8 % de leur budget à un fonds fiduciaire du Bureau. Il a conduit 108 évaluations en 2023-2024, dans 76 pays, et co-anime avec le PAM, le CGIAR et le FEM la communauté de pratique EvalforEarth (ex-EvalForward).

Créé en 2001, le Bureau est indépendant de la direction du FMI et rend compte au Conseil d’administration, qui en nomme le directeur. Il compte une vingtaine de personnes, dont 15 professionnels, pour un budget de 6,2 M$ en 2018, soit 0,5 % du budget administratif du Fonds. Le BIE produit environ deux évaluations par an, surtout à partir de revues documentaires, d’entretiens, d’enquêtes et d’études de cas. La plus citée reste celle de 2011 sur les années qui ont précédé la crise de 2008 : elle y relevait la « pensée de groupe » des services du Fonds. Ses recommandations passent par le Conseil, qui les « endosse » ou non, puis par un plan de mise en œuvre de la direction. Une évaluation récente : Le FMI et le changement climatique (juin 2026).

🤔 Le Bureau est indépendant de la direction du FMI mais rend compte au Conseil d’administration. C’est ce Conseil qui nomme son directeur, décide des suites données à ses recommandations et désigne le panel chargé de l’évaluer périodiquement. Le directeur actuel a exercé à deux reprises au sein de ce Conseil. En 2024, deux des trois membres du panel d’évaluation externe étaient eux aussi d’anciens administrateurs du FMI.

Basé à Nairobi, le Bureau de l’évaluation du PNUE couvre l’ensemble des programmes et projets de l’organisation, y compris ceux financés par le Fonds pour l’environnement mondial et le Fonds vert pour le climat. Son directeur rend compte au Directeur exécutif et, par son intermédiaire, aux organes directeurs afin de garantir son indépendance vis-à-vis des divisions opérationnelles. Les évaluations sont confiées à des consultants externes. Révisée en 2022, la politique d’évaluation a étendu le recours aux revues de fin de projet pilotées par la direction et posé ouvertement la question du financement de la fonction d’évaluation. Il publie un rapport de synthèse biennal, qui portait sur 46 évaluations en 2022-2023, et suit l’application de chaque recommandation tous les six mois pendant un an.

La fonction d’évaluation du FIDA existe depuis 1978, mais c’est en 2003, avec l’adoption de sa première politique d’évaluation, qu’elle devient indépendante de la direction et rend compte directement au Conseil d’administration ; elle prend son nom actuel en 2011. Le Conseil est seul à pouvoir nommer ou révoquer le directeur, qui publie ses rapports sans validation extérieure. Le budget du bureau est plafonné à 0,9 % du programme de prêts et dons du Fonds (environ 7,8 millions de dollars proposés pour 2026). Il conduit des évaluations institutionnelles, thématiques, sous-régionales et pays.

L’OIF avait une rubrique évaluation développée, notamment le premier répertoire des formations diplômantes en évaluation. La rubrique a disparu, mais quelques rapports subsistent, dispersés dans le centre de ressources, comme l’évaluation de l’Observatoire de la langue française (2014). La fonction a changé de rattachement : portée vers 2014 par une Direction de la planification et de l’évaluation, elle relève aujourd’hui, dans l’organigramme, d’une Direction de l’audit interne et de l’évaluation.

Banques de développement

Siège à Manille (Philippines), organisé en deux divisions (thématique/pays, secteurs/projets), dirigé par Emmanuel Jimenez. Distingue deux niveaux : l’auto-évaluation menée par les équipes projet (souveraines, prêts aux États ; ou non-souveraines, financements au secteur privé), et l’évaluation indépendante menée par l’IED, qui valide ces auto-évaluations en plus de conduire ses propres évaluations directes sur des sujets stratégiques (pays, secteurs, thématiques). Programme de travail glissant sur 3 ans, approuvé par le Conseil d’administration. Publie un rapport phare annuel (Annual Evaluation Review), l’un des trois rapports de performance de l’ADB aux côtés de deux rapports produits par le Management lui-même. Dispose d’un tableau de bord public des taux de réussite des projets (2007-2023) et d’une base de données de leçons apprises (Lessons Database). Egalement, une série vidéo, « Evaluation Guru« , qui vulgarise les résultats sous forme d’entretiens.

Créé en 1999, rend compte directement aux Conseils d’administration de la BID et, depuis 2016, de BID-Invest (ex-Société interaméricaine d’investissement). Budget 2025 : 11,3 millions de dollars (9,6 M$ BID, 1,7 M$ BID-Invest). Effectifs : 36 postes permanents (33 pourvus en 2024), complétés par 12 à 15 chercheurs associés et une vingtaine de consultants, quasi exclusivement des profils d’économistes. Production : 13 à 17 produits par an ces dernières années (2024 : 17, dont 13 évaluations de fond).

Le système repose sur deux étages : une auto-évaluation par la direction (rapports de fin de projet depuis 2014 pour les opérations garanties par l’État, rapports de supervision élargis depuis 2015 pour le secteur privé), et une validation indépendante par le BES, dont les notes alimentent le rapport de synthèse annuel sur l’efficacité du développement. Trois familles de produits : évaluations institutionnelles, évaluations et contrôles de programmes pays, évaluations sectorielles et thématiques. Le renforcement des capacités d’évaluation dans la région passe par trois dispositifs propres : EVALAC (formation d’une semaine, organisée avec le soutien de DEval, du PAM, de la Global Evaluation Initiative et de l’UNICEF), ReDeCA (réseau de fonctionnaires M&E des banques de développement d’Amérique latine et Caraïbes) et le soutien à deux centres CLEAR (Santiago, São Paulo).

Independent Evaluation Department (IEvD), Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD)

L’IEvD évalue les stratégies, politiques et opérations de la BERD et rend compte au Conseil d’administration sous l’autorité du Chief Evaluator. Le programme de travail glisse sur trois ans : celui de 2026-28 prévoit huit évaluations pour 2026, dont une conduite conjointement avec l’AFD sur une facilité de financement de l’énergie durable au Maroc. L’IEvD se présente lui-même comme la « troisième ligne de défense » de la banque, aux côtés de l’audit interne et du mécanisme de redevabilité de projet.

Membre fondateur de l’Evaluation Cooperation Group (créé en 1996 par les chefs d’évaluation des banques multilatérales), la BERD a coécrit avec l’IFC les standards de bonnes pratiques pour l’évaluation des opérations du secteur privé. Un rapport externe commandité en 2019 sur son propre système d’évaluation a donné lieu à une réorganisation du département et à la révision de sa politique d’évaluation ; un nouvel examen externe est prévu en 2026. Depuis 2024, l’IEvD organise une « Evaluation Week » annuelle qui a réuni 500 participants en 2025, et a mis en service LessonsBot, un outil d’IA développé en interne qui indexe plus de 300 rapports d’évaluation de la BERD et d’autres banques multilatérales.

C’est la plus ancienne des unités d’évaluation indépendante de banque de développement : créée en 1970 par Robert McNamara sous le nom d’Operations Evaluation Unit, elle devient indépendante en 1973 en prenant le nom d’Operations Evaluation Department, rattaché directement au Conseil des administrateurs. L’IFC crée sa propre unité en 1984, la MIGA en 2002 ; les trois sont fusionnées en 2006 pour former l’IEG, qui couvre donc l’ensemble du Groupe Banque mondiale (BIRD, IDA, IFC, MIGA). Dirigée depuis août 2023 par Sabine Bernabè, ancienne responsable de l’évaluation à la Banque européenne d’investissement. Budget d’environ 47 M$ et 107 salariés, un effectif quasi stable depuis 2018. L’IEG est partenaire fondateur, avec le PNUD, de la Global Evaluation Initiative pour le renforcement des capacités d’évaluation dans les pays en développement.

Europe
  • DEval (German Institute for Development Evaluation), Allemagne

Institut fédéral créé en 2012, basé à Bonn, constitué en gGmbH (société à but non lucratif) dont l’actionnaire unique est la République fédérale via le BMZ (ministère de la Coopération). Environ 70 personnes, dirigé par le Prof. Dr. Jörg Faust. DEval se distingue des autres instances d’évaluation de l’aide par un triple mandat : évaluer la coopération allemande au développement, conduire de la recherche méthodologique (avec un programme dédié aux évaluations d’impact rigoureuses et un microsite RIE), et renforcer les capacités d’évaluation des pays partenaires via des programmes de coopération Sud-Sud-Nord (EvalConnect en Amérique latine, Afrique et Asie). L’approche méthodologique est pluraliste : évaluations d’impact quantitatives, mais aussi évaluations pilotées par les pays partenaires (« country-led evaluations »), approches genre et droits humains, et un « storytelling approach » pour les contextes sensibles. DEval publie également un baromètre d’opinion sur la politique de développement (Opinion Monitor) et un index des capacités nationales d’évaluation (INCE).

  • EBA (Expert Group for Aid Studies), Suède

Comité gouvernemental créé en 2013 par le ministère des Affaires étrangères suédois, mandaté pour évaluer et analyser l’aide publique au développement de la Suède. Dix experts, un secrétariat d’une dizaine de personnes à Stockholm, un budget d’environ 18 millions de couronnes suédoises (environ 1,5 M€). L’EBA choisit librement ses sujets d’étude et commissionne des chercheurs externes pour réaliser les évaluations, le groupe d’experts étant responsable du contrôle qualité. L’EBA ne prescrit pas de méthode : chaque étude est confiée à un chercheur qui choisit l’approche adaptée, de l’analyse qualitative comparée (QCA) à l’étude de cas pays, en passant par les revues systématiques de littérature. Son statut de comité gouvernemental mandaté pour évaluer le gouvernement pose une question d’indépendance que la Cour des comptes suédoise (Riksrevisionen) a qualifiée de « substantielle » sans pouvoir être totale. Contexte : la Suède, longtemps symbole mondial de générosité en matière d’APD (objectif de 1% du RNB maintenu pendant plus de 50 ans), a annoncé des coupes de 3 milliards de couronnes par an pour 2026-2028 et redirigé une partie de son aide vers l’Ukraine.

  • ICAI (Independent Commission for Aid Impact), Royaume-Uni

Commission indépendante créée en 2011, l’ICAI évalue l’efficacité et le rapport qualité-prix de l’aide publique au développement britannique. Elle rend compte au Parlement via l’International Development Committee, mais son budget (environ 3 millions de livres par an, 15 millions par phase de quatre ans) est financé par le FCDO, une tension entre indépendance et dépendance financière que l’ICAI documente elle-même dans ses rapports annuels. Composée de trois commissaires, elle publie des « reviews » thématiques assorties d’un système de notation par code couleur (vert, vert-ambre, ambre-rouge, rouge) et assure un suivi annuel de la mise en œuvre de ses recommandations (57% adéquatement suivies en 2024). C’est le modèle qui a inspiré la commission française d’évaluation de l’APD, installée en août 2025. Contexte actuel : le Royaume-Uni a annoncé une réduction de son APD de 0,5% à 0,3% du RNB, l’ICAI estimant dans son dernier rapport (juillet 2026) une baisse de 42% des dépenses d’aide sur quatre ans.

Evaluation des activités de développement (France) 

L’évaluation de l’aide publique au développement française est pilotée conjointement par trois unités : le MEAE, la DG Trésor (UEAD) et l’AFD, qui coordonnent environ 45 évaluations stratégiques par an et définissent un programme triennal. Les évaluations sont réalisées par des consultants extérieurs.

Le ministère des Affaires étrangères (MAE) a changé plusieurs fois de nom : ministère des Relations extérieures (1981-1986), ministère des Affaires étrangères et européennes (2007-2012), ministère des Affaires étrangères et du Développement international (2014-2017, puis ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) depuis 2017.

L’UEAD évalue l’aide publique au développement financée par le Trésor, en coordination avec le MEAE et l’AFD. Les évaluations sont réalisées par des consultants externes, sur la base d’une programmation triennale revue annuellement. L’unité coproduit avec ses homologues un bilan conjoint biennal de l’ensemble des évaluations achevées. Elle co-anime aussi, avec le F3E, le groupe EVALED dont la dernière conférence a été programmée en octobre 2021. En avril 2025, l’UEAD publie : la dotation de la France à l’AID-20, évaluation confiée au cabinet EY.

Instaurée par la loi du 4 août 2021, installée par décret du 8 février 2025, ses membres nommés en août 2025. Composée d’un collège de quatre parlementaires (deux députés, deux sénateurs) et d’un collège de dix experts indépendants désignés par la Cour des comptes, le MEAE, l’Économie, la Transition écologique, la Recherche et le CNDSI.

Ressources évaluation de politiques publiques – France

Gouvernement

Service du Premier ministre créé en mai 2025 par fusion de France Stratégie (135 ETP, 23 millions d’euros de budget) et du Haut-commissariat au plan (14 ETP, 1,9 million d’euros), héritiers du Commissariat général du Plan de 1946 via le Centre d’analyse stratégique (2006). L’institution assure depuis 2013 le secrétariat de divers comités d’évaluation et de suivi de politiques publiques : elle ne produit pas les évaluations elle-même mais coordonne des comités pluripartites composés de chercheurs externes, d’administrations et de partenaires sociaux, et lance des appels à projets de recherche vers des équipes universitaires. Au tableau : des évaluations achevées sur le CICE, les ordonnances Travail, la stratégie pauvreté, la fiscalité du capital, le plan France Relance, le plan France très haut débit, les mesures de soutien Covid-19 ; et des évaluations en cours sur les Territoires zéro chômeur de longue durée et les JOP Paris 2024. L’institution anime également la Commission nationale d’évaluation des politiques d’innovation (CNEPI) et un Conseil scientifique des méthodes d’évaluation socioéconomique.

Créée en 2017 (succédant au SGMAP), la DITP pilote le programme de transformation publique du gouvernement sous l’autorité du Premier ministre. Elle regroupe environ 180 agents et s’organise autour de plusieurs dispositifs : le suivi des politiques prioritaires du gouvernement, une agence de conseil interne à l’État, des laboratoires d’innovation publique et un Campus de la transformation publique. En 2026, sa transformation en Direction des Services publics (DSP) a été annoncée.

  • Data.gouv.fr, Etalab / Direction interministérielle du numérique (DINUM)

Plateforme ouverte des données publiques françaises, lancée en 2011, développée et opérée par Etalab, département de la DINUM (Direction interministérielle du numérique, qui a succédé en 2019 au Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique). Elle référence environ 71 000 jeux de données et 375 000 fichiers produits par l’État, les collectivités, les établissements publics et, le cas échéant, des acteurs privés ou citoyens. Depuis février 2026, data.gouv.fr propose un serveur MCP permettant aux intelligences artificielles de se connecter directement au catalogue.

Vie-publique.fr proposait autrefois une rubrique dédiée à l’évaluation. Celle-ci a été fondue dans un format plus large, les « éclairages », qui ne distingue plus l’évaluation comme entrée autonome. Si l’évaluation devrait être transversale à l’ensemble des politiques publiques, une même question demeure : qui décide de ce qui devrait être éclairé et comment ?

La BRP, accessible via vie-publique.fr, recense plus de 18 000 rapports publics officiels en texte intégral : rapports commandés par le gouvernement, rapports d’inspection et d’évaluation des administrations, rapports des autorités administratives indépendantes, travaux de la Cour des comptes, du Conseil d’État et des assemblées parlementaires. Un gisement de sources primaires et un observatoire de la commande publique d’évaluation.

Inspections générales

L’IGA est l’un des trois grands corps d’inspection interministériels de l’État français, aux côtés de l’IGF et de l’IGAS. Elle est chargée de missions d’évaluation des politiques publiques, d’audit de service et d’appui et de conseil. Rattachée directement au ministre de l’Intérieur dont elle constitue le corps de contrôle, elle intervient aussi de façon interministérielle sur saisine du Premier ministre et d’autres membres du Gouvernement, notamment sur les sujets liés aux collectivités territoriales et à l’outre-mer. Créée en 1948 (héritière de l’IGSA), elle bénéficie d’une large autonomie de gestion et recrute principalement ses membres à la sortie de l’ENA/INSP.

Même architecture pour l’IGAS, avec une activité tout aussi tournée vers l’évaluation que celle de l’IGA : en 2024, les missions d’évaluation représentent le principal volet d’activité de l’Igas, avec 37 % des interventions, suivies des missions d’expertise (19 %) et des contrôles, enquêtes et procédures disciplinaires (16 %). Créée en 1967, c’est le corps de contrôle interministériel du secteur social : elle inspecte et contrôle les services et organismes publics ou bénéficiant de financements publics, évalue les politiques publiques pour éclairer le gouvernement sur l’existant et suggérer des évolutions, contrôle les organismes faisant appel à la générosité publique, et conduit l’audit interne des ministères sociaux et structures rattachées. Elle réalise entre 150 et 200 missions par an, dont les deux tiers à la demande des ministres et un tiers issues de son propre programme d’activité, environ un tiers étant menées conjointement avec d’autres inspections. Comme l’IGA et l’IGF, elle recrute principalement ses membres à la sortie de l’ENA/INSP.

Sur le même modèle que l’IGA, mais cette fois rattachée à Bercy : l’IGF exerce une mission générale de contrôle, d’audit, d’étude, de conseil et d’évaluation en matière administrative, économique et financière, pour le compte des ministres chargés de l’économie et du budget. Elle peut également recevoir des missions du Premier ministre et effectuer des missions à la demande d’autres autorités nationales, d’organismes publics, de collectivités territoriales, d’États étrangers ou d’organisations internationales. Héritière d’une organisation fixée par l’ordonnance du 20 janvier 1830, elle est traditionnellement le débouché privilégié de la « botte », c’est-à-dire les douze à quinze élèves les mieux classés à la sortie de l’ENA (aujourd’hui INSP), qui choisissent en priorité l’Inspection des finances avant les autres grands corps

Créée par décret du 20 août 2022, l’IGEDD succède au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), lui-même issu en 2008 de la fusion du Conseil général des ponts et chaussées et de l’Inspection générale de l’environnement. Elle intervient dans les domaines de l’environnement, du climat, du développement durable, de la transition écologique, du logement, de l’urbanisme, de la politique de la ville, de l’aménagement du territoire, du paysage, de la construction, de l’énergie, des transports, des risques naturels et technologiques et de la mer, et contribue à la prospective, à la conception, au suivi de la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques relevant de ces domaines. Elle conduit également des missions d’audit et d’inspection des services du ministère, et exerce une mission d’autorité environnementale par sa formation nationale et ses missions régionales (MRAe). Contrairement à l’IGA, l’IGAS et l’IGF, l’évaluation de politiques publiques y reste une mission parmi d’autres plutôt que le cœur de l’activité, le conseil et l’expertise sectoriels dominant numériquement ses travaux.

Archives

Six numéros publiés entre 2008 et 2012 par le Centre d’analyse stratégique (CAS, prédécesseur de France Stratégie, lui-même fusionné en 2025 dans le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan). Collection interrompue depuis 2012. Les sujets traités allaient du calcul économique appliqué à la décision publique (n°1-2, « Calculer pour décider ») aux regards croisés sur les politiques publiques (n°3), puis à une trilogie sur le lien entre notation et évaluation : la notation du quotidien, de Michelin à eBay (n°4), la notation financière et les agences de rating (n°5), la notation extra-financière et éthique (n°6, interview de Nicole Notat, présidente de Vigeo).

  • Faire simple (SGMAP)
Jachère
  • Le portail de l’évaluation des politiques publiques (en construction de 2007 à 2021 sans bouger d’un pixel, maintenant disparu)
On l’a gardé en photo car pendant les 14 ans où il a été en construction sans évoluer d’un pouce, on savait que le jour où la page finirait par disparaitre, le portail allait nous manquer. Depuis 2021 : c’est fait, plus rien à l’adresse « evaluation.gouv.fr »

Assemblée nationale

Sénat

Cour des comptes

Laboratoires de recherche

Initiative lancée en 2023, la Maison des Arts et de la Création accueille notamment SPEAP (Sciences Po École des Arts Politiques), programme expérimental créé par Bruno Latour en 2010, qui confronte artistes, chercheurs en sciences sociales et praticiens des affaires publiques autour de commandes réelles d’institutions. Le pari : que l’expérience du sensible (cinéma, arts visuels, performance, écriture) ouvre des modes de compréhension et de représentation des problèmes publics inaccessibles aux méthodes classiques d’analyse. Même voisinage intellectuel que le Sensory Ethnography Lab de Harvard, mais appliqué aux affaires publiques et dans un cadre pédagogique.

L’IPP vise à promouvoir l’analyse et l’évaluation quantitatives des politiques publiques en s’appuyant sur les méthodes les plus récentes de la recherche en économie. Le positionnement est résolument économétrique : évaluation d’impact par méthodes expérimentales ou quasi-expérimentales, exploitation de données administratives à grande échelle, et micro-simulation via leur simulateur TAXIPP, qui modélise l’ensemble du système socio-fiscal français pour mesurer l’impact redistributif des législations existantes ou prédire les effets de réformes envisagées. Les thématiques couvrent un large éventail : fiscalité, politiques sociales, emploi, éducation, santé, retraites, logement, environnement, démocratie et institutions. L’IPP publie ses résultats sous forme académique mais aussi en notes et rapports accessibles au débat public. L’IPP s’est également donné pour mission de rassembler l’ensemble de la législation des politiques publiques en France dans une perspective historique et scientifique.

STEM désigne dans le monde anglophone l’ensemble des disciplines scientifiques et techniques (sciences, technologie, ingénierie, mathématiques) regroupées dans les politiques d’enseignement supérieur et de recherche. STEM-PERL, rattaché au département d’écologie et de biologie évolutive de Yale, évalue les programmes de formation scientifique de premier cycle : cours de recherche encadrée (CUREs), formations à l’enseignement fondé sur les preuves, adoption par les étudiants des pratiques pédagogiques actives.

Sa méthode phare, la « pathway modeling », cartographie les effets attendus d’un programme à court, moyen et long terme, dans l’esprit d’une théorie du changement. Le fil conducteur de leurs travaux tient en trois notions enchaînées : la confiance des étudiants envers leur enseignant (« trust »), qu’ils mesurent au moyen d’un instrument qu’ils construisent et valident ; l’adhésion aux pratiques pédagogiques actives qui en découle (« student buy-in ») ; et la persévérance en sciences (« STEM persistence »). Trust → buy-in → persistance : cette chaîne causale est testée et retestée d’étude en étude.

  • PERfEVAL, (Laboratoire de recherche sur la performance et l’évaluation de l’action publique) Université de Laval

Laboratoire de recherche de l’Université Laval sur la performance et l’évaluation de l’action publique, PERfEVAL est affilié au Centre d’analyse des politiques publiques (CAPP). Dirigé par Steve Jacob, professeur titulaire de science politique et également titulaire de la chaire de recherche sur l’administration publique à l’ère numérique. L’équipe est composée de chercheurs qui travaillent sur trois axes principaux : l’évaluation participative, la gestion de la performance et l’éthique de l’action publique.

Explorer

Laboratoire expérimental rattaché au département Art, Film, and Visual Studies de Harvard, le SEL explore ce qui ne se laisse que difficilement rendre par les mots. Il produit des films, des installations sonores et des œuvres photographiques qui croisent esthétique et ethnographie, présentés aussi bien dans des festivals de cinéma (Berlin, Venise, Locarno) que dans des institutions d’art contemporain (MoMA, Centre Pompidou, Tate Modern). Son travail interroge les limites des modes de connaissance fondés sur le texte et la mesure : une interrogation utile pour quiconque conçoit des systèmes de suivi et évaluation et se demande ce que ses indicateurs ne captent pas.

Collectif d’agents publics créé en 2021, Nos services publics analyse de l’intérieur le fonctionnement et les dysfonctionnements de l’administration. Il publie chaque année un rapport sur l’état des services publics, des dossiers thématiques (retraites, immigration, budget, Parcoursup, vaccination) et a mené une enquête sur la perte de sens chez les agents publics (publication prévue à l’automne 2026). Le collectif propose aussi des formations et un guide sur le devoir de réserve et la liberté d’expression des agents.

Cartographie

Gallica est la bibliothèque numérique de la BnF et de ses 260 partenaires, avec un accès libre et gratuit à plus de 10 millions de documents numérisés de toutes époques : livres et monographies, presse ancienne, cartes et plans, estampes, dessins d’architectes, photographies, affiches, manuscrits, enregistrements sonores. Au-delà du parcours thématique « Droit, économie et politique » (rapports, débats parlementaires, textes réglementaires), Gallica permet de croiser les supports pour retracer l’histoire longue d’un dispositif public ou d’un territoire : cartes anciennes pour reconstituer l’état d’un quartier, photographies et estampes pour documenter l’évolution d’une loi ou d’un décret, presse pour suivre l’émergence d’un problème dans le débat public, monographies et rapports d’inspection pour retrouver les premières évaluations d’une politique.

Formation continue

Institut de l’UNESCO fondé en 1963, l’IIPE accompagne les pays dans la planification et la gestion de leurs systèmes éducatifs. Deux dispositifs retiennent l’attention du point de vue de l’évaluation : Planipolis et SITEAL, deux bases de données publiques qui structurent le suivi des politiques éducatives à l’échelle internationale, une forme d’observatoire comparable à ce que pourrait être un Système de Suivi Evaluation mutualisé ; et ETICO, portail consacré à la transparence et à l’intégrité dans l’éducation, qui traite la gouvernance et les dysfonctionnements institutionnels comme un objet de politique publique à part entière.

Agence de l’Union européenne créée en 1975, aujourd’hui basée à Thessalonique, le Cedefop soutient l’élaboration et la mise en œuvre des politiques européennes d’enseignement et de formation professionnels, en lien avec la Commission, les États membres et les partenaires sociaux. Son activité s’articule autour de trois axes, dont l’apprentissage tout au long de la vie (formation continue, apprentissage des adultes, apprentissage en situation de travail) occupe une place centrale, aux côtés de la modernisation des systèmes d’EFP et de l’analyse prospective des compétences.

Cet axe se double d’une approche par compétences que le Cedefop opérationnalise à travers plusieurs outils : le cadre européen des certifications (CEC), un indice européen des compétences mesurant la performance des systèmes de compétences par État membre, un indice de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, et un exercice biennal de prévision de l’offre et de la demande de compétences (Skills Forecast). L’agence insiste particulièrement sur la reconnaissance des compétences acquises hors formation formelle et sur leur transférabilité d’un employeur ou d’un pays à l’autre. Le Cedefop n’est pas un organisme de formation à l’évaluation : il produit des données, indicateurs et rapports pays sur les systèmes de formation professionnelle.

En bref

En bref

Ce qui distingue les institutions. Moins leur taille que la place qu’elles donnent à l’évaluation dans leur gouvernance. Le budget géré ne prédit rien : le Groupe Banque mondiale entretient depuis les années 1970 un service rattaché à son Conseil, d’une centaine de salariés, quand ECHO, avec 1,9 milliard d’euros d’aide humanitaire en 2026, confie ses évaluations à une unité de programmation et de contrôle, sans budget d’évaluation rendu public à notre connaissance. Quatre configurations se dessinent : un bureau qui rend compte au conseil d’administration (FIDA, BID, BERD, FMI, IEG) ; un bureau qui rend compte à la fois à la tête de l’organisation évaluée et à ses organes directeurs, ou dont elle nomme le directeur (PNUD, PNUE, FAO, OIT) ; une évaluation regroupée avec l’audit (OIF, UNESCO, ONU Femmes) ; enfin, sans service dédié, une évaluation confiée à des unités de gestion (ECHO et la DG MENA, à la Commission européenne).

Les tendances. Là où des cibles budgétaires sont publiées et suivies, elles ne sont pas toujours atteintes : 1,5 % pour une cible de 2 à 3 % à ONU Femmes, 0,79 % pour 1 % au PNUD. L’intelligence artificielle entre dans la fonction par la gestion des connaissances : assistant de synthèse à l’OIT, notation de la qualité au PNUD, LessonsBot à la BERD, principes éthiques de l’UNEG en 2025.

Les variations. Elles tiennent surtout à la mémoire. Là où un fonds est entretenu dans la durée, il devient une ressource : à l’OIT, vingt ans de capital documentaire ont été la condition même de son assistant d’IA. Là où les structures se réorganisent, il se perd : rubrique évaluation disparue à l’OIF et sur vie-publique.fr, portail evaluation.gouv.fr effacé, Cahiers de l’évaluation interrompus en 2012, archive de la DG NEAR reprise telle quelle par la DG MENA.

🤔 Ce n’est pas la taille qui fait la différence, mais une certaine constance dans la gestion des connaissances.

Autres liens


Date de première diffusion : 2010
Dernière actualisation : 202
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