Analyse des problèmes

L’analyse des problèmes identifie les aspects négatifs d’une situation existante et détermine la relation de « cause à effet » entre des problèmes identifiés.

Quels sont les problèmes rencontrés par les différents groupes cibles et bénéficiaires ?

Quelle est la cause du problème ? Pour chaque cause, il faudra détecter des causes sous-jacentes. Avec la fraicheur d’un enfant se demander inlassablement le « pourquoi » d’une situation, pourquoi et encore pourquoi, afin de déterminer des causes plus profondes, sur différents niveaux.

Puis quels sont les effets de ce problème ? Quelles conséquences ?

De la même manière, se demander quelles sont les conséquences de chaque effet détecté afin d’étoffer l’arbre sur les branchages les plus élevés, c’est à dire les conséquences les plus lointaines.

L’ensemble des parties prenantes doit bien sûr participer à cet exercice en particulier les futurs usagers du programme.

Arbre à problème ILO

Arbre à problèmes – exemple vierge – COOPAMI

Exemple 1 : microfinance

Le problème identifié est le faible taux de survie des entreprises financées : près d’une sur deux n’est plus en activité 3 ans après le financement.

Problème de départ pour la construction de cet arbre à problème : le faible taux de pérennité des entreprises ayant reçues un microcrédit.
Arbre à problèmes : détecter les causes sous-jacentes d’une part et les effets du problème d’autre part.

Détecter des causes sous-jacentes :

  • Pourquoi existe-t-il une faible pérennité des entreprises financés ?
    Car les entrepreneurs possédaient une mauvaise connaissance du marché.
  • Pourquoi possédaient-ils une mauvaise connaissance du marché ?
    Car ils n’avaient pas effectué d’études de marché.
  • Pourquoi n’avaient-ils pas effectué d’études de marché ?
    Car le montant du prêt était insuffisant pour financer une étude de marché.

Autre exemple :

  • Pourquoi existe-t-il une faible pérennité des entreprises financées ?
    Car les charges de certains entrepreneurs étaient trop élevées au regard de leur volume d’affaire
  • Pourquoi les charges étaient-elles trop élevées ?
    Car les statuts choisis étaient inadaptés.
  • Pourquoi ces entrepreneurs ont-ils choisis des statuts qui ne leur correspondaient pas ?
    Car ils avaient été mal orientés et possédaient des notions insuffisantes en gestion et en fiscalité.

Exemple 2 : programmes de développement – opérationnalisation d’un Système de Suivi et Evaluation

Problème principal : la difficulté à apprécier les effets d’un programme de développement

Le problème principal sélectionné à titre d’exemple ici est la difficulté à apprécier les effets d’un programme de développement.

Ce problème possède a minima deux causes sous-jacentes potentielles :
– il s’agit de projets, programmes ou politiques publiques dans les domaines des droits humains, de l’éducation ou encore de la gouvernance dont les effets seront par nature difficiles à appréhender
– les dispositifs en place de Suivi et Evaluation sont trop modestes ou inefficaces pour mesurer le changement

Quel problème principal sélectionner ?

Puisque nous n’avons pas prise sur la première problématique (la sélection des programmes répond au mandat stratégique de la structure) nous allons sélectionner la faiblesse du dispositif de SE existant comme problème principal.

Nous allons ainsi nous intéresser dans les diapositives ci-dessous aux causes : comment expliquer que le dispositif de Suivi et Evaluation soit insuffisant. Puis nous irons explorer les effets, les conséquences d’un dispositif SE insuffisant.

Pour chaque cause, nous essayerons d’identifier des causes sous-jacentes et pour chaque effet, se projeter dans ses conséquences potentielles.

Un exemple de cause est une faible culture de l’évaluation dans cet institution. Pourquoi ? Par manque de volonté institutionnelle. Pourquoi ? Car l’évaluation est perçue comme de l’ingérence au niveau des instances dirigeantes. Ou encore car les expériences précédentes d’évaluation se sont avérées décevantes.

Intéressons nous maintenant aux conséquences d’un dispositif de suivi et évaluation balbutiant. Les porteurs de programme disposent de données insuffisantes ou non fiables pour élaborer leurs diagnostics ou mesurer leurs efforts. Cela génère un manque de visibilité sur ce qui fonctionne ou pas, pourquoi et comment – les mécanismes qui font qu’un programme soit utile ou non. Par conséquence, les programmes risquent d’être inadaptés ou améliorés trop tardivement. Une conséquence sera un apport limité en terme de développement humain. Un autre conséquence sera de développer une image négative des organisations de développement et une défiance dans les institutions.

Les étapes de construction du cadre logique : suite

1. L’analyse des parties prenantes
2. L’analyse des problèmes
3. L’analyse des objectifs
4. L’analyse des stratégies