Les indicateurs qualitatifs

L’appellation « indicateurs qualitatifs » n’appartient pas aux sciences sociales. L’expression apparait plutôt en réaction au « tout quantitatif » qui dérive de la Gestion Axée sur les Résultats ou de l’utilisation massive d’indicateurs “simples”.

Tout d’abord, soigneusement sélectionnés, certains indicateurs chiffrés peuvent nous renseigner sur un degré de qualité. Par exemple, le taux de rotation du personnel (turn over) et le taux d’absentéisme pourra donner un premier aperçu du climat en entreprise. La consommation des ménages par type de dépense pourra être une première clé d’analyse de l’accès à la culture ou de l’accès au logement.

Les indicateurs dit qualitatifs concernent plus généralement des opinions, des perceptions du changement, des constats ou appréciations d’une situation.

L’analyse qualitative correspond ainsi à l’analyse d’attitudes, de croyances, de valeurs ou de faits permettant de mieux appréhender une situation ou son évolution.

Par définition, les données véhiculées par des indicateurs qualitatifs véhiculent donc une part de subjectivité.

Le rôle de mètre étalon, d’unité de mesure de référence, de comparabilité recherché avec les indicateurs quantitatifs devient ici secondaire. L’enjeu est le degré d’analyse de ces informations qualitatives pour en tirer des apprentissages.

Les indicateurs quantitatifs ont pour avantage de mesurer ce qui leur a été demandé de mesurer. Les indicateurs qualitatifs à l’inverse ont le champs libre – l’analyse qualitative permettra ainsi d’illustrer des effets inattendus, indirects, positifs comme négatifs.

Attention à ne pas confondre indicateurs qualitatifs et « storytelling » (récit de vie). Extraire une histoire de succès de son contexte pour mettre en valeur un projet dans un rapport d’activité n’est en rien de l’analyse qualitative mais une simple démarche de communication. Une nette distinction entre les deux démarches sera indispensable pour générer un degré de confiance minimal dans le système de suivi et évaluation.