Il s’agit ici de confronter notre postulat de base (les changements attendus ou espérés comme fruits de notre action) aux effets naissants (les modifications réellement en cours).
A quel point les hypothèses énoncées dans nos modélisations s’avèrent-elles exactes (ou se sont-elles révélées exactes, si l’analyse ne peut se faire qu’à posteriori et non en temps réel) ?
Chaque entrée du modèle logique pourra être confrontée à un autre niveau d’entrée et ainsi transformée en question évaluative.
Par exemple confronter le contenu de la colonne ressources au contenu de la colonne production : dans l’illustration ci-dessous, quelle est l’adéquation entre les moyens financiers et la production de service ? C’est à dire est-ce que les moyens financiers sont suffisants pour la production des services envisagés ?
Ou encore confronter la colonne production à la colonne effets : est-ce que les services produits génèrent les changements attendus chez les bénéficiaires ? On peut en effet avoir une production conforme au plan sans que les effets escomptés ne se matérialisent, ce qui indiquerait cette fois une faiblesse dans l’hypothèse causale plutôt que dans les moyens.
Ou encore le lien entre une activité et sa cible : quel type de public à bénéficié de l’action ?

Ces interrogations et interactions seront facilement matérialisables sur la représentation graphique du modèle logique : par exemple, quel est le lien entre une formation (acquisition des compétences attendues) et un changement de comportement espéré ?

En fonction des effets non anticipés
Au-delà des effets attendus et modélisés, l’action peut produire des changements imprévus, positifs ou négatifs.
- L’action produit-elle des effets non prévus dans la modélisation, et comment les intégrer dans l’analyse ?
- A quel point ces effets non prévus modifient-ils l’appréciation globale de l’action ?
En fonction des facteurs externes
Des questions évaluatives peuvent encore être élaborées à partir de l’analyse des cases facteurs externes du modèle logique.
- A quel point des facteurs externes, anticipés et non anticipés dans la modélisation ont-ils affectés l’action ?
- Est-ce que des mécanismes d’ajustement sont en place ? Ont-ils fonctionné ?
Socrate à la rescousse
Clarifier les termes (Socrate : « que veux-tu dire exactement par…?« )
Appliqué au modèle logique : qu’entend-on précisément par « renforcement des capacités » dans la colonne effets ? Tous les acteurs partagent-ils la même définition ?
Interroger les postulats (Socrate : « sur quoi repose cette certitude ?« )
Appliqué au modèle logique : pourquoi suppose-t-on qu’une formation produira un changement de comportement ? Quel est le mécanisme causal sous-jacent ?
Examiner les preuves (Socrate : « comment le sais-tu ?« )
Appliqué au modèle logique : sur quoi repose l’affirmation que les effets observés résultent bien de l’action et non d’un facteur externe ?
Explorer les alternatives (Socrate : « et si c’était autrement ?« )
Appliqué au modèle logique : si les ressources avaient été allouées différemment, aurait-on pu obtenir les mêmes effets ? Existe-t-il un chemin causal que la modélisation n’a pas envisagé ?
Poursuivre les conséquences (Socrate : « et si cela est vrai, alors quoi ?« )
Appliqué au modèle logique : si l’hypothèse causale entre production et effets est invalidée, qu’est-ce que cela implique pour la suite du programme ?
