Management

Qu’est ce que le management ?

Manager serait issu du vieux français « mesnager » en passant par l’italien « maneggiare », mener son cheval à la main. Comme dans le manège où l’on dresse les chevaux.

L’anglicisme lui confère aujourd’hui le sens d’« un ensemble de techniques qui permettent de planifier, d’organiser, de diriger, de contrôler » une entreprise ou une institution publique. Mais c’est oublier que Fayol, un ingénieur et capitaine d’industrie français, a théorisé dès le début du XXème siècle les cinq fonctions clés de l’administration (Prévoyance, Organisation, Commandement, Coordination, Contrôle), jetant ainsi les bases de la gestion moderne bien avant la popularisation de l’acronyme1 anglo-saxon. Ou encore le sens premier de mesnager : « user d’économie dans l’administration de son bien ». Prendre garde, prendre soin, ne pas exposer inutilement. La ménagère désignait la maîtresse de maison, chargée de gérer l’ensemble des affaires domestiques d’un foyer. Enfin, le manège équestre est un lieu d’apprentissage, d’entrainement, de perfectionnement, permettant d’assurer la progression des cavaliers. 

Management
Manège de voltigeurs ou Leçon de Voltige : caricatures politiques  »Le Miroir », 1822. Illustrateur Eugène Delacroix.
Les styles de management


Aucun style de management ne peut se positionner en tant que référence absolue. Il s’agira forcément d’une adaptation entre une mise en pratique et un contexte donné, la culture d’entreprise et la composition des ressources humaines à un moment t. Celui-ci dépendra notamment du niveau de compétences, de la nature des décisions (stratégiques ou opérationnelles), de la capacité du manager à influencer des variables (esprit d’équipe, climat de confiance, motivation) puis du type de relations souhaité (dépassement de soi, coopération, coercition,…). Mais encore le management s’intègre dans un cadre culturel de référence : par exemple les attentes seront distinctes dans le secteur public et le secteur privé. 

Management et évaluation des politiques publiques

L’évaluation, en tant que discipline, devrait-elle se dissoudre dans une approche managériale ou se rattacher directement à la gouvernance d’une institution ? Un débat récurrent. Nous percevons ici l’évaluation de politiques publiques comme une approche holistique qui s’intègre non seulement dans la gouvernance des institutions publiques mais participe au dialogue inter-institutionnel, contribue à faire dialoguer les données entre acteurs et favorise leur consolidation, par exemple en harmonisant les indicateurs et les modes de calcul.

L’évaluation ne pourrait se limiter à relever des écarts entre des objectifs attendus et des résultats atteints. Sans s’autoriser à ré-interroger le contexte en permanence. 

Pour aller plus loin

La bureaucratie : le cadre de l’action
Techniques ou modes de management alternatifs
Les précurseurs
Ressources documentaires externes

Cette étude de l’Université Cornell établit une corrélation entre la réceptivité au jargon d’entreprise et les performances cognitives. Littrell a développé une échelle (CBSR) mesurant la susceptibilité de 1 018 employés de bureau face à des énoncés corporates sémantiquement vides mais stylistiquement impressionnant. Les collaborateurs qui jugent ce jargon particulièrement pertinent obtiennent des scores significativement plus faibles en pensée analytique, réflexion cognitive et intelligence fluide, ainsi qu’en prise de décision pratique en contexte professionnel. L’étude identifie une boucle de rétroaction négative : les employés réceptifs au « corporate bullshit » contribuent à promouvoir les leaders qui en font usage, créant un environnement organisationnel décrit comme « un WC bouché d’inefficacité »

Par « faillite », Dupuy vise la propension des dirigeants à adopter des raisonnements qui ont l’apparence du bon sens et de la solution rationnelle, mais qui méconnaissent la réalité systémique et complexe de l’organisation. Le dirigeant modifie la structure (organigrammes, procédures) en croyant agir sur l’organisation (le fonctionnement réel). Or la structure pèse peu sur ce dernier, d’où sa déception constante. Dupuy avance deux explications : le langage, où euphémismes et slogans tiennent lieu de vision, et la responsabilité des cabinets de conseil et des business schools dans la diffusion de cette pensée standardisée. Héritier de Michel Crozier, il inscrit l’ensemble dans la sociologie des organisations.

Burnham anticipe la capture du pilotage des organisations, publiques comme privées, par une couche technico-administrative qui répond à sa propre logique interne plutôt qu’à celle des propriétaires, de l’intérêt général ou des usagers (ouvrage ayant inspiré le 1984 d’Orwell).

Satire et fiction
  • Message à caractère informatif (Nicolas & Bruno, 1998) Le détournement de véritables films d’entreprise et de formation managériale des années 80/90. L’illustration parfaite du jargon managérial (« Corporate Bullshit ») déconnecté du terrain.
Sujets connexes

Date de création : avril 2025
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  1. POCCC , selon Fayol « administrer, c’est Prévoir (i), Organiser (ii), Commander (iii), Coordonner (iv) et Contrôler (v) » enseigné ultérieurement dans les universités américaines sous l’acronyme PODC (Planning, Organizing, Directing, Controlling). ↩︎