Les différents types de système

Nous reprendrons ici la classification effectuée par Jacques Lesourne dans son ouvrage « Les systèmes du destin ».

Les systèmes à états

Ce sont les système les plus basiques : des systèmes qui transforment une succession d’entrées en une succession de sorties. Dans la terminologie de l’évaluation, notamment anglophone, nous sommes familiers avec les notions d’entrées et de sorties, d’INPUT et d’OUTPUT, par exemple pour l’élaboration de chaines de résultats.

Dans son état le plus simple, la sortie est binaire, par exemple pour un circuit électrique alimentant une ampoule, soit la lumière s’allume, soit elle ne s’allume pas. Un système à états peut cependant demeurer complexe (voir ici les principes de la systémique) : l’état correspond au nombre de configurations possibles du système – par exemple au jeu d’échecs, le nombre de configurations possibles des pièces sur l’échiquier.

Les systèmes à but

A la distinction du système à états, qui nécessite d’être actionné de l’extérieur (par exemple l’action de l’humain pour actionner l’interrupteur), dans le système à but le pilote est alors systématiquement intégré au système. Il en est une composante à part entière qui observe une finalité (un but) et agit en conséquence (régule). C’est le cas par exemple d’un thermostat qui va augmenter ou baisser la température d’un espace en fonction de l’environnement extérieur. La différence est fondamentale par rapport au système à états car les systèmes à but sont capables de s’autoréguler. Capables d’adaptation et d’atténuation. De compenser ou d’amplifier.

Les systèmes à apprentissage

Le système a apprentissage dispose d’une mémoire et associe et appui la prise de décision en fonction de cet historique. Le système adapte sa règle de réponse aux conditions de l’environnement.  La réponse se gradue, la qualité de la réaction s’améliore, ce nouvel apprentissage intègre la mémoire à disposition de nouvelles expériences à venir et évolution du contexte.

Les systèmes à auto-organisation 

Les systèmes à auto-organisation génèrent des réponses types en fonction des différents contextes. Par ailleurs, ils introduisent une part de créativité et apprennent à s’organiser par essais/erreurs.  Ce type de systèmes possèdent la capacité de devenir auto-directionnels, c’est à dire associer apprentissages et imagination pour adapter leurs objectifs initiaux. 

Les systèmes complexes : jeux, organisations, sociétés 

Ces systèmes sont composés de sous-systèmes ou de centres décisionnels multiples. Comme dans tout jeu les intérêt des joueurs divergent ou se rejoignent en fonction des actions et stratégies des uns et des autres. Par extrapolation, l’analyse de ces jeux d’acteurs s’appliquent à tous les enjeux de maitrise du pouvoir ou de l’espace, dans tous type d’arènes ou d’écosystèmes.

Les organisations, même les plus hiérarchisées (comme l’armée ou toute institution représentée sous forme d’organigramme pyramidal), verront néanmoins émerger des conflits d’intérêts, des stratégies de contournement, des processus conflictuels ou coopératifs et de fait doivent composer avec des centres décisionnels multiples, affichés ou immergés. 

Enfin, les sociétés comportent bien sûr une multiplicité de centres décisionnels qui s’influent et se recomposent en permanence, en fonction de la multiplicité de nos casquettes, de nos états émotionnels, des mutations de l’environnement ou encore des informations dont nous disposons à un moment t : étudiant, chef d’entreprise, responsable de famille, épargnant, activiste, locataire, consommateur, cas contact, contribuable, pacifiste, scrutateur, juré, jury, pro, contra…

Avec notre vision parcellaire, nous ne sommes que des arbitres de touche et la systémique pourra nous permettre d’envisager un aperçu plus global.

Systèmes ouverts versus systèmes fermés ?

La notion de système fermé est plutôt théorique car chaque système est plus ou moins dépendant et connecté à son environnement. La question est ainsi de détecter à quel point un système est perméable ou « étanche » à son environnement (voir également ici les facteurs de fragilité d’une modélisation).

Cette perméabilité n’est pas à considérer uniquement en terme d’environnement mais en terme de rétrospection sur un certain nombre d’éléments ou facteurs internes à l’organisation ou à un programme : le mandat, le savoir-faire, l’expérience, les valeurs,… Ainsi, une institution, en maitrise parfaite de son coeur de métier, légitime et reconnue, dont la vision est partagée, sera exposée de manière moins brutale à des chocs extérieurs qu’une structure s’aventurant sur des terrains nouveaux ou reposant sur des fondations contestées. Il s’agit alors d’examiner le critère de cohérence interne avec autant de vigilance que les mutations de l’environnement. 

Les différents niveaux de système selon Jacques Lesourne : du plus simple au plus complexe.

L’analyse systémique