La double peine en suivi évaluation

Des défaillances en série dans un système de suivi évaluation favorisent ce qui pourrait être qualifié de double peine.

D’une part des équipes transparentes et disposées à apprendre de leurs erreurs qui ne tirent que très peu de bénéfices du système de SE :

  • le suivi est lourd, pas forcément sur mesure, et pour peu d’avoir des comptes à rendre à différentes entités, effectué sur des formats non homogènes, accentuant la charge de rapportage au détriment de l’opérationnel 
  • l’évaluation intervient trop tard dans le cycle de projet, n’apportant que des éléments déjà connus par les équipes de mise en oeuvre, et pèse également sur l’opérationnel, car en charge de la préparation et organisation administrative et logistique des évaluations 
  • l’apprentissage organisationnel est souvent délaissé en raison d’évaluations trop succinctes, la capacité des équipes à transmettre est gâchée 

Le tout laissant un goût amer à ces opérationnels sur la plus-value et utilité du système de suivi évaluation. 

D’autres part, des directions centrées sur l’auto-satisfaction ou auto-promotion qui parviennent à tirer leur épingle du jeu dans ces systèmes dysfonctionnels : absence de regard indépendant ou évaluations trop tardives, entre-soi, absence de fonction support en SE, simple contrôle de performance dans la livraison de produits et de services sans liens avec les enjeux liés au mandat institutionnel, absence de mécanismes de gestion des plaintes, opacité des centres de décision, délais de réponses anormalement longs…

La triple peine

Bien sûr, la reproduction cycle après cycle, projet après projet, de ces modalités de fonctionnement, ou plutôt « modalités de dysfonctionnement« , se répercutent in fine sur les bénéficiaires finaux et l’état de la planète en général :

  • paupérisation
  • atteinte à la biodiversité
  • réchauffement climatique
  • crise énergétique
  • tensions sécuritaires

Dans un état de la planète ou les vents contraires sont extrêmement puissants, rares sont les interventions qui cochent, au moins sur le papier, de multiples cases porteuses d’espoir. Ces programmes innovants sont à surveiller comme le lait sur le feu et devraient bénéficier de systèmes de suivi, évaluation, apprentissage robustes. 

A l’inverse, les projets de papier glacé, autocentrés, suffisants, sans interstice pour libérer la parole, sans signaux d’alarme institutionnels pour prévenir les retards interrogent.

Pour aller plus loin :

Date de première diffusion : avril 2022