Transition des territoires

Accompagner et évaluer la transition des territoires

Comment accompagner et évaluer la transition écologique des territoires ?

Cette page rassemble des ressources pour les professionnels de l’évaluation, les chargés de mission des collectivités ou encore les étudiants de cursus dédiés. Elle s’ouvre sur le Fonds vert 2026, le principal dispositif de financement de la transition écologique à l’échelle locale. On y trouve également une sélection de formations universitaires en aménagement et développement territorial, des centres de recherche et réseaux d’acteurs, des études de cas, et une grille de critères pour évaluer la gouvernance, l’acceptabilité et les capacités d’apprentissage des programmes de transition. Car les indicateurs classiques ne suffisent pas : évaluer la transition suppose aussi de questionner les systèmes de valeurs, les processus de décision et la mémoire institutionnelle des territoires.

Fonds vert 2026 : l’essentiel

Le Fonds vert (officiellement « Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires »), créé en 2023, est reconduit en 2026 avec une enveloppe de 837 millions d’euros, en forte baisse par rapport aux années précédentes (1,15 milliard en 2025, 2,5 milliards en 2024). Depuis sa création, le dispositif a soutenu plus de 25 000 projets portés par plus de 13 000 acteurs locaux, pour un total de 4,5 milliards d’euros de subventions engagées. Les demandes se déposent sur la plateforme Aides-territoires, avec une instruction au fil de l’eau par les préfectures de département et de région. Il n’y a pas de date limite nationale, mais l’enveloppe réduite rend les dépôts précoces décisifs.

Qui peut déposer ?

Le Fonds vert cible en premier lieu les collectivités territoriales et leurs groupements : communes, intercommunalités (EPCI à fiscalité propre), départements, régions, syndicats mixtes. Selon les mesures, des associations et des entreprises peuvent également être éligibles (par exemple les bailleurs sociaux pour le risque cyclonique en outre-mer, ou les parcs nationaux pour les risques en montagne). Le porteur doit assurer la maîtrise d’ouvrage du projet. Le taux de financement peut atteindre 50 % maximum de l’assiette éligible HT. Le seuil d’autofinancement minimal de 20 % pour les collectivités s’applique (article L. 1111-10 du CGCT).

Comment déposer ?

La procédure est entièrement dématérialisée. La collectivité identifie la mesure correspondant à son projet sur Aides-territoires, puis saisit sa demande d’aide via l’outil Démarche numérique (anciennement Démarches simplifiées), accessible depuis chaque fiche de mesure. Le préfet de département instruit le dossier et détermine le montant de la subvention en tenant compte du gain écologique du projet, de la capacité financière de la collectivité et du contexte socio-économique local. Il n’y a pas d’appel à projets : le dépôt est possible tout au long de l’année, jusqu’au 31 décembre 2026, dans la limite des crédits disponibles.

Les 15 mesures en 2026, réparties en trois axes

Axe 1 : Renforcer la performance environnementale. En 2025, ce volet avait financé 1 235 projets pour 207 millions d’euros.

Axe 2 : Adapter les territoires au changement climatique (7 mesures, priorité budgétaire de l’édition 2026).

Axe 3 : Améliorer le cadre de vie (5 mesures). Recyclage foncier (reconversion de friches). Transition écologique des activités maritimes et littorales. Qualité de l’air dans les agglomérations à forts enjeux. Mobilités durables en territoires ruraux et moyennement denses (plans de mobilité simplifiés, aménagements cyclables, covoiturage, transport à la demande, prêt-location de vélos). Territoires d’industrie en transition écologique.

Un appui en ingénierie complète le dispositif : études préalables, diagnostics, accompagnement de conception. L’ANCT, le Cerema, l’ADEME, l’OFB, les agences de l’eau, les CAUE et les ATD peuvent intervenir en soutien.

Articulation avec les autres financements

Le Fonds vert n’est généralement qu’une brique du plan de financement. Les collectivités ont intérêt à articuler leur demande avec les autres dotations de l’État (DETR, DSIL), les aides de l’ADEME (Fonds Chaleur, programmes CEE/AVELO), les subventions régionales et départementales, les fonds européens (FEDER, FEADER) et les prêts de la Banque des territoires. La cohérence avec les documents de planification locale (PCAET, CRTE, feuilles de route des COP régionales) est un atout explicite dans l’instruction.

Ressources

Lectures sur la transition des territoires

  • Innovation sociale et territoire, Guy Bellemare et Juan-Luis Klein (dir.), Québec, Presses de l’Université du Québec, coll. « Innovation sociale », 2011

Etudes de cas

Un programme de subvention de 40 millions d’euros sur 3 volets : biodiversité marine, résilience, efficacité énergétique. Une étude de cas sur l’évaluation (ou l’absence d’évaluation) d’un programme pilote sur la transition climatique et énergétique.

Ce projet documente la rénovation énergétique d’un appartement parisien en copropriété selon une logique d’apprentissage par problèmes : chaque obstacle, technique, administratif, financier est traité comme un cas d’étude. La documentation produit des outils pratiques (un jour !) pour la préservation du bâti et une banque de cas pour la formation des professionnels du secteur.

Par thématiques/évaluations externes EVAL
  • Mobilité urbaine : l’exemple du projet Autrement
  • Transition vers des villes durables, apprenantes et inclusives : l’exemple du projet SLICKS

Masters et diplômes universitaires

Sélection de masters et diplômes universitaires préparant aux métiers de la transition territoriale : aménagement, environnement, évaluation des politiques publiques, ingénierie écologique. Les formations sont classées par établissement.

Paris Saclay (opéré par l’UVSQ, AgroParisTech et Sciences Po Saint-Germain-en-Laye)

Ce Master forme des professionnels capables de piloter les politiques de transition au sein des territoires. La formation croise l’action publique et les sciences environnementales à travers des enseignements explorant les liens entre démocratie, transition et durabilité, ainsi que les effets des décisions publiques sur l’environnement. Le cursus s’appuie sur la sociologie de l’environnement et permet d’étudier les dynamiques de mobilisations. Il intègre les savoirs mais aussi les incertitudes en matière d’écologie pour apprendre à mieux construire la décision publique, notamment par l’expérimentation d’outils de concertation et délibération.

Ou encore, un axe pour l’analyse des territoires concerne l’étude des conditions d’évaluation des expérimentations de transition écologique.

Sorbonne Université

Ce master associe les savoirs de l’architecture, de l’urbanisme et des sciences pour préparer des urbanistes spécialisés dans la planification stratégique à grande échelle et le montage d’opérations complexes. Le cursus privilégie une approche éco-soutenable et l’innovation écologique appliquée aux projets urbains et aux mobilités. Il croise les sciences de la terre, les sciences humaines et l’architecture pour répondre aux évolutions actuelles des métiers de l’aménagement. Exemples d’enseignements : Villes et milieux naturels, Urbanisme de projet, Métabolisme urbain, Action publique territoriale, Mobilités transports infrastructures, Ingénierie et montage d’opérations innovantes, Smart city : enjeux et solutions. Le cursus se situe au croisement de l’architecture et de l’ingénierie, en mettant l’accent sur l’innovation technique (smart city, métabolisme) pour transformer la planification. Soutenue par les grandes agences du Grand Paris (APUR, SGP), la formation vise l’acquisition de compétences opérationnelles pour piloter des projets urbains complexes.

Université d’Angers

Ce master croise les approches disciplinaires (géographie, aménagement, environnement, participation, paysage) et techniques (diagnostics, outils d’enquêtes, de médiation et participation, d’analyses spatiales, de communication) pour former des cadres capables d’appréhender, avec un regard critique, les articulations entre les aspects environnementaux, sociétaux et réglementaires de la transition socio-écologique dans les territoires. En apprenant à intégrer les questionnements de la demande sociétale et des collectivités, les étudiants acquièrent un profil polyvalent valorisant leur formation initiale. Exemples d’enseignements : Risques, sociétés, environnement ; Concertation, participation, médiation ; Ville durable ; Agriculture et alimentation ; Gestion des déchets et économie circulaire.

💡 Ce cursus se distingue par sa focalisation sur la dimension humaine de la transition. Au-delà de l’expertise technique, il forme des profils d’interface capables de gérer des controverses et de faciliter le dialogue entre experts, élus et citoyens pour accompagner le changement territorial.

Université de Grenoble

Ce Master prépare à concevoir, piloter et évaluer des stratégies de développement territorial, au Sud comme au Nord. Le cursus privilégie l’intelligence économique et territoriale et l’analyse des jeux d’acteurs pour répondre aux mutations contemporaines (internationalisation des échanges, métropolisation, compétitivité des territoires, tertiarisation de l’économie). L’enseignement combine outils d’aide à la décision, diagnostics territoriaux et sectoriels, et immersion via des enquêtes collectives de terrain. Le M2 est proposé en deux modalités parallèles, en présentiel ou en enseignement à distance (EAD), cette dernière étant adaptée aux étudiants éloignés et aux professionnels en activité. Exemples d’enseignements : Économie territoriale et développement ; Développement local, controverse et jeu d’acteurs ; Économie sociale et solidaire et développement territorial ; Enquêtes collectives de terrain pour un projet de territoire.

Université de Caen Normandie Diplôme d’Université (DU) Transitions et Territoires

Cette formation continue s’adresse spécifiquement aux fonctionnaires de l’État (agents du Ministère de la Transition Écologique, des collectivités territoriales, des DREAL, etc.) et aux professionnels de l’aménagement. Elle a pour but de développer leurs compétences de facilitateurs et d’accompagnateurs de projets territoriaux durables. Le cursus se concentre sur l’adaptation au changement climatique et la gestion des risques environnementaux (inondations, risques littoraux, etc.). L’enseignement s’appuie sur une année de formation alternant théorie, maîtrise des outils de diagnostic spatial et un long atelier pratique de terrain. Exemples d’enseignements : Les enjeux territorialisés du changement climatique, Dynamiques des territoires, Méthodes d’acquisition et traitement de données territoriales (SIG), Outils et savoir-faire pour l’accompagnement au changement.

💡 Très ciblé sur la fonction publique, ce cursus agit comme un levier d’adaptation aux réorganisations de l’administration. Il vise concrètement à doter les agents des collectivités et ministères de compétences opérationnelles (cartographie, gestion des risques) pour assumer leurs nouvelles missions environnementales et, en interne, faciliter leur évolution de carrière ou de grade.

Université Lumière Lyon 2

Cette formation prépare des professionnels et des chercheurs à la fabrique, l’aménagement et la gestion des espaces urbains. Le cursus, pluridisciplinaire, croise les sciences du territoire et l’action publique pour aborder les défis contemporains (urgences environnementales, transitions énergétiques, mutations sociales). L’apprentissage intègre la planification stratégique, le montage opérationnel de projets et la mise en situation via des ateliers basés sur des commandes territoriales. Exemples d’enseignements : Transitions urbaines et environnement bâti, Modes de régulation de l’urbanisme, Ateliers de conception des espaces publics, Financement des collectivités, Risques catastrophes et aménagement.

💡 Au-delà de la conception urbaine, ce cursus forme à un rôle de coordination. La pratique du métier consiste souvent à manier la réglementation, les budgets et les cadres administratifs pour trouver des compromis entre les décideurs locaux, les promoteurs et les habitants.

Université de Montpellier

Ce master vise à former des ingénieurs écologues et des cadres capables d’intégrer les dimensions écologiques, sociologiques et environnementales dans la gestion et la préservation des milieux naturels. À forte vocation professionnelle, son approche se concentre sur la résolution concrète de problèmes de conservation, la restauration des écosystèmes et la réduction de la vulnérabilité des territoires face aux changements globaux, en alliant fondamentaux scientifiques, modélisation numérique et pratique intensive du terrain. Exemples d’enseignements : Génie écologique et restauration (séquence ERC), Modélisation des cours d’eau, Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations (GEMAPI), SIG avancé, Agroécologie, Droit de l’environnement.

Université de Poitiers

Ce master vise à former des professionnels de l’aménagement du territoire capables de comprendre, d’accompagner et de mettre en œuvre les transitions (écologiques, mais aussi sociales, agricoles et économiques) à différentes échelles. Son approche se veut très analytique et critique : il ne s’agit pas seulement de « verdir » les territoires, mais d’interroger les notions de justice sociale, les déséquilibres (Nords/Suds, richesses, genres) et les jeux de pouvoir inhérents à ces mutations. Exemples d’enseignements : expériences de transitions environnementales, citoyenneté et dynamiques territoriales, construction de projets…

Université de Rennes 1

Ce master vise à former des experts capables de comprendre, mesurer et agir sur les transformations environnementales. Il se démarque par une volonté forte de croiser les disciplines (sciences de la vie, de la terre et sciences humaines et sociales) pour répondre de manière systémique aux enjeux de conservation, d’aménagement et de gestion des ressources. Exemples d’UE : villes durables, droit pénal de l’environnement, transitions environnementales,…

Institut Catholique de Paris

Ce master vise à former des professionnels capables d’appréhender la complexité et la transversalité de la transition écologique. Il offre une approche pluridisciplinaire (droit, économie, géopolitique, fiscalité, management) pour comprendre et agir sur les enjeux environnementaux. Exemple d’enseignements : Conduite publique de projets environnementaux: de l’appel à projets à la réalisation, Evaluer les politiques écologiques de l’Etat français, AI and the environment, Politiques publiques de la biodiversité.

Université Toulouse capitole

Ce diplôme vise à former des « facilitateurs » de la transition écologique et sociétale à l’échelle locale. Il s’agit d’apprendre à comprendre les enjeux complexes de la transition (climatiques, économiques, sociaux) et à faire coopérer différents acteurs pour bâtir des territoires plus sobres, résilients et solidaires. Une formation continue courte (102 heures réparties sur 4 mois, à raison d’une semaine par mois) conçue pour être compatible avec une activité professionnelle.Exemples d’enseignements : Économie de la transition, Déployer la transition et apprendre par des projets pilotes : méthode de projet appliquée, Outils mode de vie : comment construire des projets systémiques

Recherche et expertise

The Shift Project est un think tank (laboratoire d’idées) français qui œuvre à la transition vers une économie libérée des énergies fossiles. Son président, l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, insiste sur les limites physiques de la planète et la nécessité d’adapter nos modèles économiques à ces contraintes. L’un des travaux clé de The Shift Project est le « Plan de Transformation de l’Économie Française ». Ce plan détaillé par secteur décrit une trajectoire possible pour décarboner l’économie française à l’horizon 2050. ClimatSup est le programme de The Shift Project dédié à la transformation de l’enseignement supérieur. Il vise à intégrer en profondeur les enjeux de la transition carbone (climat, énergie, ressources) comme un socle de compétences commun à toutes les filières. ClimatSup étend dorénavant son champ d’action de la formation initiale à la formation continue des professionnels. The Shift Project est soutenu par une association de bénévoles, « The Shifters ». 

I4CE est un  institut de recherche à but non lucratif, fondée par la Caisse des Dépôts et l’Agence Française de Développement, dont l’objectif principal est d’éclairer les décisions publiques en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique grâce à l’analyse économique. L’équipe se compose d’une quarantaine de personnes dont une moitié de chercheurs. Le Conseil d’Administration est présidé par Jean Pisani-Ferry. 

I4CE a développé la méthodologie du « budget vert », qui consiste à analyser et classifier chaque ligne budgétaire de l’État (dépenses et niches fiscales) en fonction de son impact sur le climat et l’environnement (favorable, défavorable ou neutre). L’institut propose également une réforme de la fiscalité carbone basée sur des principes comme la transparence sur l’utilisation des recettes et une justice sociale garantie par des mécanismes de redistribution. I4CE a été un acteur clé dans la conception et le suivi du Label Bas-Carbone, un cadre officiel permettant de récompenser financièrement les agriculteurs et les forestiers qui mettent en place des pratiques réduisant les émissions de gaz à effet de serre ou augmentant le stockage de carbone dans les sols et la biomasse.

Ses solutions phares comme le « Label Bas-Carbone » ou la fiscalité carbone visent à utiliser et à orienter les mécanismes de marché (incitations, prix, certification) pour atteindre des objectifs écologiques. C’est une approche qui croit en la « croissance verte » et la capacité du système à se réformer.  I4CE accorde une place fondamentale à la puissance publique.Ses travaux sur le « budget vert », la planification écologique et la réglementation financière montrent une conviction que le marché seul est incapable de mener la transition.

Réseaux et mobilisation de territoires

La Fabrique des Transitions  est une alliance d’acteurs qui a pour but d’accompagner les territoires dans leur démarche de transition. Elle fonctionne comme une « communauté apprenante », c’est-à-dire qu’elle met en commun les expériences et les savoir-faire de différents territoires pour en tirer des enseignements et proposer des méthodes et des outils pour accélérer ces transitions.  Il s’agit d’une approche systémique, inclusive et coopérative, prônant la sobriété et la relocalisation.  Un des outils clé est la « mise en récits », qui utilise la narration pour mobiliser et engager les acteurs locaux dans le projet de transition de leur territoire.

  • Resovilles – centre de ressources politique de la ville Bretagne-Pays de la loire

Resovilles est un centre de ressources dédié à la politique de la ville, actif dans les régions Bretagne et Pays de la Loire. À travers son programme Labo Quartiers en Transitions, l’organisme accompagne des territoires volontaires pour qu’ils élaborent leur propre feuille de route sur la transition écologique et solidaire. L’initiative Data & Quartiers a pour objet de mettre la science des données au service des habitants des quartiers prioritaires, de mobiliser des outils de pointe pour mieux comprendre et réduire les inégalités sociales au cœur des territoires.

  • Transiscope – cartographie des alternatives pour la transition écologique et solidaire en France

Transiscope est un portail web et une cartographie collaborative en ligne qui recense les acteurs, projets et lieux engagés dans la transition écologique, sociale et solidaire. Transiscope agrège les données déjà collectées par plusieurs dizaines d’organisations et de réseaux existants (comme Alternatiba, Colibris, Cap ou pas cap, Près de Chez Nous, etc.)

Lancée par Terres d’Argentan Interco et la Ville d’Argentan, l’Université Populaire des Transitions est une initiative visant à engager les habitants dans la réflexion sur les enjeux écologiques, énergétiques et sociaux. À travers un cycle de conférences tenues au Quai des Arts, elle offre un espace de dialogue co-construire des solutions locales et aborde des thèmes variés comme les énergies renouvelables, l’alimentation locale ou la gestion des déchets.

Transformation des systèmes de valeurs

Sur quels critères évaluer la transformation des territoires ?

Au delà des indicateurs sociaux, économiques, démographiques, environnementaux classiques, il est suggéré ici d’élaborer une grille d’auto-diagonostic afin d’ébaucher et de suivre attentivement une palette de critères plus diverse en lien avec la gouvernance de la transition des territoires.

Les critères listés ci-dessous ne constituent pas une grille prête à l’emploi. Ils dessinent un espace d’interrogation : en phase de montage, le choix et la hiérarchisation des critères font eux-mêmes partie de l’évaluation, car ils révèlent les valeurs sur lesquelles repose l’intervention.

Gouvernance

  • vision, stratégie, accessibilité des rapports publics,
  • responsabilité et exécution des engagements,
  • coordination et collaboration entre les différents échelons (état, région, départements, collectivités locales,…) 
  • mécanismes de consultation
  • compréhension des processus et modalités de prises de décision
  • transparence des modalités de prises de décisions, accès aux centres de décisions
  • des trajectoires qui dépassent les échéances électorales
  • un environnement favorable à l’évaluation

Acceptabilité

  • répartition équitable des efforts
  • alignement avec les cultures locales
  • développement d’alternatives

Capacités institutionnelles 

  • ressources
  • compétences
  • capacités d’adaptation

Cadre législatif et réglementaire

  • compréhensible et accessible
  • degré d’évolutivité et de modularité
  • application et mise en exécution
  • respect de la réglementation
  • suivi et évaluation de la législation

Capacités de mobilisation

  • mécanisme de consultation, de concertation et de participation (des citoyens, de la société civile, des entreprises,…)
  • niveau d’engagement

Apprentissage

Cycle de projet

Mémoire des projets

Evaluation des tiers lieux

Le rapport 2023 de l’Agence Phare sur les tiers-lieux révèle une tension structurelle entre ambition institutionnelle et réalité du terrain. Si les subventions « Fabriques de territoire » ont permis de professionnaliser ces espaces et de maintenir des services de proximité dans les zones délaissées, elles révèlent en creux une stratégie politique plus ambiguë. L’État sous-traite de facto la cohésion sociale au secteur associatif pour pallier le recul des services publics, tout en soumettant ces structures à des exigences bureaucratiques inadaptées à leur fonctionnement à priori alternatif.

Le véritable dilemme survient au terme des trois ans d’aides : la puissance publique exige alors une rentabilité financière, feignant d’ignorer que l’accueil inconditionnel et la réparation du lien social relèvent, par nature, de missions d’intérêt général peu monétisables.

Transitions sauvages : apprendre des mauvaises pratiques

Pouvons-nous apprendre de mauvaises pratiques plutôt que de se concentrer sur les bonnes pratiques ? Est-ce que d’autres secteurs de transition comme une basique réaffectation de locaux publiques peut nous éclairer sur le périmètre plus global de la transition des territoires ?

Transition des territoires

Transition sauvage : une illustration en image
Un siège de dentiste détérioré dans l’ancien hôpital Saint-Vincent de Paul, Paris 14ème, en juillet 2015. Des dossiers médicaux contenant tout type de données personnelles jouxtent le tampon-encreur d’un éminent professeur. A portée de main et sous le regard médusé des visiteurs du site, libre d’accès. Dans quelles conditions s’est effectuée la transition ? 

Pour aller plus loin

Date de publication : 2023
Date de mise à jour : Avril 2026
Sébastien Galéa